DE JACQ1 ES PINETON
« Qui cache ses transgressions ne prospérera point; mais qui les confesse et les délaisse obtiendra miséricorde ' . »
C'est dans cette vue que je donne cet ouvrage au public. La faute que mes infirmités et mes foiblesses m'ont fait commettre est trop publique, pour n'en pas faire une pénitence qui soit de la même nature; et comme je n'ai rien tant à cœur que d'obtenir de mon Dieu la rémission de mon péché, je veux suivre l'avis du sage qui me conseille de le confesser hautement, afin que je puisse obtenir miséricorde.
Si jamais an grand pécheur a fait confession à
1 lï"\. 28, 13.
f> LES LARMES
Dieu de son péché, je puis dire que je ne lui cède en rien à cet égard. Depuis ma malheureuse chute mon cœur s'est fondu par mes soupirs au milieu de mes entrailles, et je n'ai pas eu besoin de faire le souhait de Jérémie ', que plût à Dieu que mes deux yeux fussent changés en deux vives sources de larmes, puisqu'elles ont été nuit et jour sur mes joues, et qu'elles n'ont pas coulé goutte à goutte, mais que les torrents qui sont sortis de mes yeux ont fait que ma vue en a été extrêmement affaiblie.
Je sais ce que j'ai fait et ce que je fais tous les jours envers mon Dieu pour apaiser sa colère justement allumée contre un serviteur infidèle; il n'y a que lui qui sache ce qui se passe dans le cœur, puisque c'est lui seul qui sonde les reins et les pensées; le commerce qu'un véritable pénitent peut avoir avec Dieu ne peut pas être vu par les yeux de la chair, ni connu que par le juge et le coupable ; toutes les apparences du dehors peuvent être trompeuses et faire illusion aux hommes : il est facile de prendre le masque de l'hypocrisie. C'est donc mon affaire, et mon affaire capitale de savoir ce qui se passe entre Dieu et moi.
Je ne dois pas seulement travailler à faire ma paix avec mon Dieu; il me semble que je suis