XVI 11 PREFACE
temple d'Orange qui ne fut démoli qu'après la révocation.
Les différends qui, à la mort du stathouder Guillaume II, s'élevèrent entre la princesse douairière, aïeule de Guillaume III, et la mère de ce prinee, fdlc de Charles 1", roi d'Angleterre, qui se disputaient l'administration de ses biens ', furent l'occasion de grands malheurs qui fondirent sur la principauté d'Orange. Louis XIV, par le conseil de ses ministres, s'occupait déjà de la ruine des protestants dans son royaume ; il profita de ces différends pour s'emparer
en attendant l'exécution du traité, il vivait dans cette ville, non en gouverneur, mais en tyran, vexant et pillant les sujets et les vassaux de son prince. Il en fit tant que la trahison fut découverte, qu'il fut arrêté par de braves gens, et qu'il mourut des blessures qu'il reçut en se défendant. » Ifist. de la noblesse du comté Venaissin, Paris, 17 50, IV, 565.
1 Philippe-Guillaume était en Espagne à la mort de son père (1584), et n'en revint que longtemps après. Après sa mort, qui arriva en 1G18, Maurice de Nassau, autre fils de Guillaume Ier, devint prince d'Orange. Il eut pour successeur dans le stathoudérat Frédéric-Henri, fils de Guillaume Ier et de Louise de Coligny (1625-1647). Frédéric-Henri épousa Emilie de Solms, dont il eut Louise-Henriette, mariée en 1646 à l'électeur de Brandebourg, Frédéric-Guillaume, et un fils, Guillaume, qui fut stathouder de 1648 à 1650. Guillaume II épousa Marie d'Angleterre, fille de Charles Ier et de Henriette-Marie de France. Huit jours après sa mort naquit son fils Guillaume, qui monta au tronc d'Angleterre en 1688. (V. Y Histoire des provinces unies des Pays-Bas, Amsterdam, 1701, p. 61.) On sait qu'il épousa la princesse Marie, fille aînée du duc d'York, qui devint plus tard Jacques II.
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de là ville d'Orange, qui , par sa situation entre deux provinces du royaume el par la force de sa citadelle, alors généralement réputée imprenable, était regardée comme* le boulevard des réformés dans les provinces méridionales.
La princesse royale se voyait d'un côté soutenue à la cour de France par ses deux frères Charles et Jacques qui s'y étaient réfugiés. Elle craignait de l'autre que les états généraux ne se déclarassent en faveur de Sa rivale : elle remit donc ses intérêts entre les mains du roi, et conclut avec lui un traité qui portait qu'au cas où le roi se rendrait maître d'Orange, il la lui remettrait; elle consentit à la démolition de certaines fortifications désignées dans le traité par la date du temps où elles avaient été construites'. Louis XIV lit, par Conséquent, sommer le comte de Dhona : de lui livrer la citadelle où il s'était renfermé; celui-ci ayant cédé à la force des armes, Louis, contrairement à la teneur du traité, falsifié par le changement des dates, lit raser toutes les fortifications de la ville et de la citadelle, et ne laissa debout que le corps du château. Le comte de Dhona se retira à Coppet; le célèbre Bayle entra dans sa maison, en qualité de précepteur de ses trois fils.
Nous nous arrêtons ici pour ne pas empiéter sur le récit de .M. de Chambrun.
1 v. Erman et Reclam, Mil, 89.
2 Frédéric de Dhona était lits de Christophe de Dhona, auquel
i! avait succédé dans le gouvernement d'Orange.