‹ Les Larmes De JeanneChapitre 26 sur 42 · LE MIROIR AUX ALOUETTES · texte numérisé non relu

LE MIROIR AUX ALOUETTES

E jour-là, le duc d'Obanèz écrivit un joli

billet à M"<^ d'Armaillac pour lui dire des

douceurs et pour faire acte de haute galanterie, car

il cacheta le billet avec une couronne de diamants.

Il y avait là sept diamants qui lui avaient coûté

vingt-cinq mille francs.

j^iie d'Armaillac trouva cela d'un joli goût, mais elle voulut lui prouver qu'elle ne se payait pas de cette monnaie-là. Elle lui répondit :

a Mon cher duc, vous êtes du dernier galant, - mais pour vous prouver que j'aime mieux les ^ diamants de votre style que ceux de votre écrin, a j'ai broyé moi-même les sept pierres que vous « avez jetées dans mon jardin et je vous les ren-

Le miroir aux alouettes. 21g

voiedatis ce billet. Vous ne direz pas que je n'ai 8 pas de rencrede la grande vertu.

a A ce soirl Je vous serre la main sans ranci cune.

ï Jeanne. »

En effet, ces onze lignes étaient éblouissantes : M"° d'Armaillac avait séché l'encre soûs la poussière des diamants.

Le duc mit la lettre dans un écrin après avoir écrit sur le revers : a Vingt-cinq mille francs de poussière. »

Il pensa que Jeanne était une femme digne de lui.

— Ily a là, dit-il, un tempérament de reine — de l'a main gauche. — Mais si elle continue, tous mes bijoux y passeront — avant elle.

Il se promit de mieux jouer de son miroir aux alouettes.

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