‹ Les Larmes De JeanneChapitre 28 sur 42 · LA TRISTESSE DES DON JUAN · texte numérisé non relu

LA TRISTESSE DES DON JUAN

^K| oEis connaissez bien le caractère du comte jgj^ de Briançon. Vous savez qu'il y a !a semence de Don Juan dans ce cœur perverti. Après avoir aimé deux femmes à la fois, U aime une femme : M"' Jeanne d'Arniaillac est toujours son rêve évanoui. II a tenu son idéal sous la main, il a étreint son bontieur dans ses bras. Mais ce n'est plus que la nuée d'Ixion; son cœur souffre d'avoir perdu du même coup deux femmes adorables : Marguerite Aumont est morte pour lui ; Jeanne d'ArmaîUac n'est pas morte, mais que fait-elle de son cœur? Un voile de mélancolie assombrit cette figure si gaie. Cet homme qui riait toujours sourit encore du sourire des sceptiques.

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mais quelle amère expression de tristesse au coin de ses lèvres !

Une âme plus virile chercherait d'âpres consolations, un homme trois fois homme se retremperait dans le travail et dans le devoir. Mais c'est plutôt un homme trois fois femme. Il s'est efféminé à courir les aventures, il ne s'arrêtera jamais. Il faudra que la femme le console de la femme. Mais où trouver la iemme qui console, quand on a perdu la femme qui charme? Martial nous avouait un jour, à l'Opéra, qu'il passait son temps en vaines recherches. Dans le monde il n'avairt rien trouvé qui lui rappelât, même de loin, Jeanne d'Armaillac; dans le demi-monde; c'était encore ijlus rare de trouver une Marguerite Aumont. Celle-là, comme il le disait lui-même, avait répandu dans sa vie un doux parfum de violette et de lilas, les vrais fleurs de la jeunesse. Vainement il avait cherché parmi toutes les amies de sa maîtresse une femme qui eût un peu de son charme, mais il n'avait trouvé que des filles occupées d'elles-mêmes, parlant de l'amour comme des femmes qui ne connaissent que l'or. Il se rappelait que la pauvre Marguerite Aumont avait fait des prodiges pour vivre de peu pour que la question d'argent ne fût jamais une question entre eux.

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