‹ Les LaurentiennesChapitre 42 sur 78 · LUCIE · texte numérisé non relu

LUCIE

Je la voyais, dans mon enfance,

La blonde enfant aux grands yeux bleus,

Mêlée avec insouciance

Aux bruyants éclats de nos jeux.

'' Sa rêverie est singulière.

Disaient les gens des alentours,

" Pourtant, elle est douce et peu fière :

'* Lucie, où donc sont tes amours ? "

Dans sa jeunesse radieuse Je la revis à dix-huit ans, Bonne, indulgente et gracieuse, Mais le désespoir des amants !

Son front, où rayonne une flamme, Pensif est le même toujours.

Qui donc préoccupe ton âme ?

' Lucie, où donc sont tes amours ?

LES LAUR£NTIENNES

Pour elle les plaisirs du monde Remplissent en vain la Cité.

Partout oii la misère gronde, C'est range de la charité !

On dirait que la Providence A besoin d'elle tous les jours Tant elle est chère à l'indigence...

Lucie, as-tu là tes amours ?

Belle à voiler un marbre antique, Esprit calme et délicieux, Couverte d'un reflet mystique, Qui rêve d'elle songe aux cieux...

Hier, passant au cimetière.

J'entends prier, sitôt j'accours.

Je vois des fleurs sur une bière :

Lucie est avec ses amours I

St. Armand, mai 1866.

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