ACTE II, SCENE VI
LE R ARON
Et vous ne direz rien?
PABLO
Je serai muet !
LE BARON, à part.
A merveille! nous sommes sauvés! (il va s’asseoir et écrit.)
PREMIER COUPLET
Ah! quel sort digue d’envie!
On m’accable de laveurs.
Et je vais passer ma vie Dans la joie et les grandeurs !
J’ai de brillants équipages.
J’ai des chevaux, des réaux.
J’ai des laquais et des pages.
J’ai des châteaux, des vassaux !
Ah! la bonne aubaine!
Ah! le bel emploi !
J’ose y croire à peine;
Quel honneur pour moi !
Je suis capitaine...
Des chims du roi!
DEUXIÈME COUPLET
Que je ferai de conquêtes !
Rienlôt mes regards vainqueurs Vont tourner toutes les lûtes Et ravager tous les cœurs!
Je séduis par ma tournure.
Par ma jambe faite au tour!
C’est un don de la nature,
Je suis taillé pour l’amour!
Ah! la bonne aubaine !
Ah ! le bel emploi !
J’ose y croire à peine ;
Quel honneur pour moi !
Je suis capitaine...
Des chiens du roi !
LE BARON, sc levant et lui remettant ce qu’il vient d’écrire.
Vous entrerez en fonctions aujourd’hui même. (Regardant au fond.) Le duc! allez m’attendre la-bas, au bout de la grande avenue... je me charge de vous installer nioi-inème dans votre nouvel emploi!
PABLO
Six cents réaux!... (a part.) Allons! allons! je ne croyais pas que l’on payât si cher les maris de nourrices, (n sort.)