VIII. — L'INSUFFISANCE DE LA NUTRITION RECTALE
L'expérimentation clinique et les controverses dont elle a été l’occasion suscitent tout naturellement la question : peut-on maintenir l‘équilibre nutritif d’un individu en l'alimentant exclusivement par le rectum, en d’autres termes, la voie rectale se sufitelle à elle-même ?
La question appelle une première remarque. Îl ne s’agit pas heureusement de fournir à l’organisme une ration de travail complète. L'alimentation rectale s'adresse à des malades, dont les échanges sont très réduits et qui se contentent d’une ration d’entretien relativement faible. A. Mathieu et Linossier évaluent leurs besoins quotidiens à 1.200 calories environ. D'autres auteurs, tels que Wendt, proposent des chiffres plusélevés, voisins de 1.500 calories. Ces 1.200 ou 1.500 calories peuvent-elles être fournies à l'organisme par l'alimentation rectale ?
On connait déjà la réponse de Linossier, qui croit sage de ne pas demander aux lavements nutritifs plus de 400 calories par jour. Boyd et miss Robertson n’ont jamais pu dépasser 655 calories. Jacobson et Rewald ont atteint exceptionnellement 1000 calories