‹ Les Lavements Nutritifs Dans L'Alimentation Extra-BuccaleChapitre 6 sur 28 · AE US · texte numérisé non relu

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lable dans l'estomac d’un bœuf encore frais les substances végétales du lavement.

Depuis 1850, les expériences se succèdent et les travaux publiés sont nombreux. Mais il faut bien reconnaître que nos contemporains sont irès divisés sur la valeur de l'absorption par la voie rectale.

À Cruveilhier, qui force la « barrière des apothicaires », Sappey répond par des expériences contraires et Dujardin-Beaumetz refusa lui aussi de s’incliner devant les deux cas de franchissement de la barrière publiés par Cantain en 18909.

En Allemagne Mülder,Meissner et Hermann s’opposent à Voit et Bauer qui admettent l’absorption des jus de viande, tout en conseillant de recourir aux albumines peptonisées de préférence.

En 1852, Leube propose l'emploi des lavements pancréatiques. Ewald, Huber, Fichter, Brown.

Séquard, W. Roberts se rallient à cette méthode et Mayet utilise avec succès les lavements de viande au pancréas.

En 1880 paraissent les remarquables études de Catillan sur l’utilisation thérapeutique des peptones. Ses expériences d'alimentation rectale aboutissent à cette conclusion que, pour en obtenir de bons résultats, Qil faut associer aux aliments des ferments digestifs, c’est-à-dire peptoniser ces aliments ». Daremberg confirme ces expériences.

Dujardin-Beaumetz admet lui aussi la valeur alimentaire des lavements de peptones, mais il s'élève énergiquement contre l'emploi du lait, du bouillon,

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des graisses, des matières albuminoïdes brutes et du sang défibriné. Pour lui, l’eau et les sels de ces subs tances sont seuls absorbés et « l’alimentation par le rectum, en dehors des peptones, est une illusion thérapeutique ».

Cependant nombre d’auteurs confirment à l’étranger la valeur de l'alimentation rectale. (est le cas notamment de Donkin, Robinson, Spencer, Mac Lead, Flint, Armor, Stewart, Boas, Wendt et Ratjen. Smith obtient d'excellents résultats avec les lavements de sang défibriné, d’autres avec le sang de porc ou le sang de bœuf desséché.

Les faits de franchissement de la valvule de Bauhin observés par Morgagni, Falk, Centani, sont corroborés par nombre d’expérimentateurs, \luselli et Miliotti préconisent l’alimentation rectale par entéroclyse et Angerant, en 1894, confirme que les lavements d’un volume suffisant parviennent dans l'intestin grêle, voire dans l'estomac.

Vers la même époque, Nothnagel et Grützner concluent de leurs curieuses expériences que l'injection rectale de solutions concentrées de chlorure de sodium provoquent des mouvements antlipéristaltiques de la musculeuse muqueuse et le transport rétrograde de fines particules du lavement dans l’intestin grêle. Ce point capital semble contredit par les expériences de Christomanos, Dauber et Platenga et confirmé par celles de Riegel et Swiezinski, Wendt, Blum, Hemmeter, Reach et Lœwe.

En France, l’école de Lyon, avec Lépine et Four-

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nier, obtient d'excellents résultats cliniques de l’emploi exclusif et prolongé des lavements alimentaires. Tournier inspire en 1897 l'excellente Thèse de Gros, qui résume l’état de la question à cette date. Soulier Lyon, Huchard, Thérèse sont également partisans de l'alimentation rectale, tandis que Martinet est assez hésitant.

Le professeur Albert Robin préconise les lavements peptonés glycosés dans l’ulcère de l'estomac. A cette pratique s'oppose le professeur Lemoine, qui déclare: « Les lavements alimentaires ne doivent pas même être un pis-aller : ilsdoivent absolument être proscrits. Leur utilité au point de vue alimentaire est nulle et leurs inconvénients sont énormes. Il y a beau temps que j'ai renoncé à me servir de la méthode de Robin, car avec elle je n’ai eu que des déboires...»

En 1906, Boyd et miss Robertson, après de patientes recherches, parviennent à cette conclusion que les lavements alimentaires n’empêchent pas la dénutrition et ne peuvent guère fournir quotidiennement à l'organisme que 240 à 655 calories ; la résorption dépendant des prédispositions individuelles.

Au Congrès français de Médecine de 1907, Linossier apporte une importante mise au point de la question de l’alimentation rectale et admet qu'il ne faut guère compter sur plus de 400 calories par jour. Encore que ce résultat ne soit pas négligeable, il conclut : « Il se pourrait que la plus grande utilité des lavements alimentaires fût de donner au malade

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l'illusion qu'il est nourri... ; il serait fâcheux que le médecin partageât la même illusion. »

Au même Congrès, Castaigne et Chiray consacrent deux intéressantes communications à l’absorption des albumines et à leurs effets toxiques sur le rein. Ils montrent la nécessité de sonmettre les albumines injectées dans l'intestin à l’action préalable des ferments digestifs et plus particulièrement de la pancréatine active.

Ainsi le vieux lavement constitué de lait, d'œufs battus et de matières albuminoïdes brutes est peu à peu abandonné. Tandis qu Ewald utilise encore les œufs, de Leube leur reproche leurlente absorption et leur putréfaction rapide. J.-Ch. Roux est sceptique au sujet des augmentations de poids observées après alimentation rectale et lesattribue à un simple phénomène de réhydratation. Telle est aussi l'opinion de Millon, qui conseille de renoncer aux formules compliquées et fait surtout jouer aux lavements un rôle psychique. Pour Edsall et Miller, le lavement alimentaire n’aurait souvent ni plus ni moins de valeur qu’un lavement de sérum arfiticiel, l’eau et les sels étant les seuls éléments absorbés. En raison des faits d’intolérance observés, Soupault en arrive à rejeter complètement l’emploi des lavements alimentaires. Castaigne et Dujarier considèrent l'injection de matières albuminoïdes comme inutile et se bornent aux lavements d’eau salée et d’eau sucrée (Congrès français de Médecine, 1909). Enfin A. Mathieu, lui aussi, tend à abandonner les œufs qu’il a

longtemps préconisés pour « prescrire des lavements de moins en moins alimentaires..., des substances d'absorption facile et de pétrufaction dificile » (dextrine, peptones solubles à faible dose).

Cependant quelques expérimentateurs s’orientent dans une voie nouvelle. Erchhorts, Catillon, Koklenberger, Brendenburg et Huppertz, Platenga, Schmidt, Edsall et Miller, Biel avaient eu recours aux peptones ou à des préparations industrielles plus ou moins peptonisées. Aujourd’hui nous savons que les peptones ne représentent qu’un stade intermédiaire dans la désintégration des matières albuminoïdes. Les polypeptides et les acides aminés constituent le terme définitif du travail digestif. Les recherches de Lœvy, Fischer Abderhalden et Rona, Henriques et Hausen ont marqué d'importants progrès dans la chimie digestive. Ils ont montré que les acides aminés étaient entièrement absorbés par l'intestin et suffisaient, en dehors de toute alimentation, à assurer l'équilibre azoté. Ces conclusions sont confirmées par Jacobson et Rewald (1911), qui ont pu faire absorber par voie rectale des quantités importantes d'acides aminés, sous forme de lavements d’ «Erepton. » Ch. Gautier (de Lyon) admet également que les acides aminés sont absorbés en nature par l'intestin (1913) et les recherches ultérieures confirment plei-

nement ses résultats (Linossier, 1920).

J. Malassis

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