III. — TECHNIQUE DES. LAVEMENTS ALIMENTAIRES
Les anciens se servaient d’une vessie de porc, emmanchée d’une tige creuse de sureau ou de roseau formant canule. Les Arabesutilisentencore une corne de bœuf perforée. La seringue classique, inventée au xv° siècle par Marcus Gatinaria, n’a plus qu’un intérêt historique, de même que la « seringue à bidet », le clysoir de Leroy d’Etiolles, les clysopompes, hydroclyses et autres irrigateurs de tous modèles.
A. Mathieu recommande de se servir « d’une poire en caoutchouc de 300 à 350 grammes et d’une canule en caoutchouc rouge ». Les lavements « devront être sortis à 15 ou 20 centimètres au delà de l’anus. On peut les porter plus haut encore à l’aide d’une sonde, mais cela ne paraît pas indispensable ». Une poire plus petite est indiquée chez les enfants.
Mais l'instrument le plus employé aujourd’hui et apparemment le mieux adopté est le bock à injection, ou douche d’Esmarch, relié par un simple tube de caoutchouc à une canule appropriée (qui peut-être une sonde de Nélaton).
La position latérale paraît être la plus favorable : le malade est généralement couché sur le côté droit.
Le bassin doit être un plus élevé que le tronc et le corps légèrement plié en arc. Certains auteurs conseillent de porter une ceinture pendant le lavement, afin d'éviter la dilatation intestinale : cette pratique est surtout indiquée dans les cas où la quantité de liquide injectée est considérable.
On distinguait jadis à cet égard les lavements en lavements entiers (500 gr.), demi-lavements, quarts de lavements, etc. Cette distinction est assez factice. La moyenne le plus fréquemment adoptée chez l’adulte est de 300 grammes environ et le liquide est injecté sous une pression très faible.
Les auteurs tels que Miliottiet Muselli qui ont préconisé l’intéroclyse alimentaire dépassent largement ces chiffres. Plus récemment, Klemperer (de Munich) a eu recours à l’entéroclyse alimentaire prolongée, qui n’est en somme qu’une irrigation continue de l'intestin. Le bock à injection estalorsinstallé à 50 ou 75 centimètres au-dessus du plan du lit. Une sonde longue, dont le débit atteint une à deux gouttes à la seconde, porte assez haut dans l'intestin des quantités de liquide qui atteignent r et 2 litres.
Quelle que soit la méthode employée, il est prudent de ne pas recourir d'emblée au lavement alimentaire. Une période de transition est nécessaire, pendant laquelle on injecte simplement de l’eau bouillie ou du sérum physiologique tiède. Au deuxième ou troisième jour, on modifie progressivement la formule du lavement par addition de substances ali-
biles.
Re Pine
On administre d'ordinaire trois à quatre lavements nutritifs par jour, à une température voisine de 38 degrés. Chaque matin un lavement évacuateur les précède. Pour renforcer la tolérance de l'intestin, on leur ajoute généralement quelques gouttes de laudanum ou de teinture d'opiu:a.