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IV. — LES DONNÉES DE LA PHYSIOLOGIE

À.— Lechimisme digestif

Le chimisme de la digestion et l'action des flerments digestifs sont aujourd'hui bien connus dans leurs grandes lignes.

On sait que la salive imbibe les aliments, dissout leurs parties solubles et agit même par son alcalinité sur certaines substances albuminoïdes. La ptyaline saccharifie les hydrates de carbone. Certains auteurs admettent aussi la présence dans la salive d'une maltase qui transformerait une partie de la maltose en glycose.

Le suc gastrique, par sa pepsine, son labferment el sa lipase, agit sur les matières albuminoïdes et la caséine du lait et amorce la digestion des graisses, lorsque son acidité n'est pas trop élevée .’Les albuminoïdes -— plus particulièrement les albumines naturelles et les albuminoïdes (gélatine, élastine, etc.) — sont transformées par la pepsine en protéoses d'abord, puis partiellement en propeptones, peptones et polypeptides. Le chyme gastrique contient même une faible proportion d’acides aminés. Le labferment dédouble la caséine du lait et semble concourir à la

digestion des autres albuminoïdes. La lipase gastrique

enfin dédouble certaines graisses en glycérine et acides gras.

Le suc pancréatique complète l’action du suc gastrique et de la salive. Il contient une amylase, une maltase, une lipase, une presure et un ferment protélytique, qui est latrypsine. L’amylaso transforme les hydrates de carbone en dextrines et en maltose ; cette dernière est à son tour dédoublée par la maltase en deux molécules de glycose. La trypsine, après la pepsine, s’attaque à la molécule protéique, qu'elle transforme en polypeptides et acides aminés. Cependant la démolition n’est pas encore complète et quelques polypeptides résistent à l’action de la trypsine.

Les graisses exigent l’association de la bileet dela lipase pancréatique. La bile jouerait même le rôle essentiel, alors que le suc pancréatique ne serait pas absolument indipensable (1). Cette action combinée aboutit à l’émulsion des graisses neutres et des lécithines, qui sont dédoublées, partiellement saponifiées et transformées en un mélange de savons alcalins, de choline, d'acide phospho-glycérique, de glycérine et d'acides gras.

Le suc intestinal (intestin grêle) vient couronner ces actions digestives et cofnpléier la désintégration des diverses substances alimentaires. Une nouvelle lipase achève le dédoublement des graisses en glycérine et acides gras. Les sucres sont transformés

1. Lemierre et Brûlé ont étudié la courbe de la lipémie chez le chien. La graisse (hémocônies) n’augmente plus après les repas dans le sang des chiens à qui on a fait la ligature du cholédoque.

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exclusivement en glycose et en sucres assimilables par des ferments multiples (amylase, maltase, lactase et invertine). Enfin deux diastases puissantes, l’ériepsine et l'arginase (celle-ci serait intra-cellulaire), achèvent la démolition de la molécule protéique en produits abiurétiques élémentaires, cristallisables et directement absorbables : les acides aminés (1).

B. — L’'absorption au niveau de l'intestin grêle

L'intestin grêle est normalement le siège presque exclusif de l’absorption digestive. Elle se produit à travers les cellules des villosités, mais ce n’est pas un simple phénomène d’osmose, ni d’imbibition, ainsi qu'on a pu le croire longtemps. En réalité, la muqueuse intestinale joue un rôle actif capital et chacune deses cellules est un merveilleux laboratoire, siège d'élaborations et de synthèses dont la complexité nous est encore mal connue.

Tandis que l’absorplion des solutions salines ou sucrées paraît se faire directement, celle des graisses est plus lente. On a pu retrouver parfois de la glycérine dans les chylifères, mais on n'y découvre pas de savons — ils seraient d’ailleurs toxiques — ni

1. Les acides aminés (glycocolle, glyzine, alanine, arginine, protine, leucine, tryptophane, etc.), correspondent à la formule générale NH*—R—COOH, dans laquelle R représente unradical variable. L’alanine, par exemple, est l’acide aminopropionique, le tryptophane, l'acide indolaminopropionique, etc.,

d’acides gras: c’est que la cellule absorbante des villosités intestinales opère dans son intérieur la synthèse de la graisse avant de la déverser dans le milieu intérieur.

Les produits abiurétiques de la digestion sont-ils l’objet d’une synthèse analogue ? On a pu le croire et certains auteurs admettent que ia muqueuse intestinale élabore les produits de désintégration des substances azotées pour reconstituer la molécule albuminoïde complexe en quelque sorte spécifique de chäque individu. Cette théorie est trop générale ; on es! parvenu plus récemment à démontrer le passage des acides aminés en nature dans le sang porté au cours de la digestion, donc leur absorption directe. Par contre, on n’a jamais retrouvé normalement les pro: téoses et les albumines naturelles dans le sang circulant où elles auraient une action toxique (Chiray) : celles qui sont absorbées sont à coup sûr détruites et transformées dans la paroi intestinale par des diastases intra-cellulaires avant de pénétrer dans l’économie,

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