La Guerre, p
tout : rentètement de TAIIemagne dans sa soif de domination universelle, l'indifférence aux crimes qu'elle doit entasser les uns sur les autres pour accomplir ce rêve, et son attachement inviolable au despotisme militaire qui a promis de lui en fournir les moyens.
La folie collective de ce grand peuple n'est d'ailleurs peut-être qu'un très grave accès de mégalomanie ; il n'est pas prouvé que ce soit un mal constitutionnel. Ce serait calomnier Kant et Luther que de faire remonter jusqu'à eux les origines d'un tel délire. On sait assez que le cosmopolitisme de Gœthe est le contraire même du pangermanisme. « Ce n'est pas toi, ma patrie, écrivait Klopstock, qui as escaladé le pic de la liberté; cette noble tâche a été réservée à la France ^ » Fichte, rempli de l'esprit de la Révolution française, disait dans ses Discours à la nation allemande : « Il faut élever une génération qui honore dans sa patrie Téternelle humanité et qui engage le combat contre la pensée absurde et détestable de la monarchie universelle ^. » La France, infidèle à la mission qu'elle s'était attribuée en 1789, s'étant asservie à la tyrannie militaire de Napoléon, Fichte ambitionnait pour son pays l'honneur d'être, à la place de la France, le héraut de la vraie liberté et d'apporter au monde la bonne nouvelle de l'avè-
1. Cité par M. G. Gkand-Cauteukt, la France jugée par V Allemagne.