LE MOT « BOCHE
Mais doutant peut-être que la loi de l'aphérèse nous semble une autorité suffisante, le Révérend Bubule en appelait au savoir et au jugement de M. Paul Stapfer. Nous avons transmis son appel à l'éminent doyen honoraire de la Faculté des lettres de Bordeaux, qui a bien voulu répondre. Il n'a pas donné à sa sentence le ton solennel qui rend si plaisants d'autres avis qu'on a vu publier. On n'est pas forcément pédant quand on est philologue. Et M. Paul Stapfer nous a adressé la lettre que voici :
« Vous me faites trop d'honneur, et votre correspondant aussi, en m'interrogeant sur un point de langue, moi qui depuis tant d'années n'étudie plus guère les questions de grammaire ni même celles de littérature. L'intérêt des choses a bien supplanté pour moi celui des formes, surtout en ces jours-ci !
« Je n'ai aucune doctrine personnelle sur l'origine du mot boche; mais s'il faut avoir un avis quelconque. Voici r w opinion probable » à laquelle je me rallierais volontiers.
(( On a dit d'abord « un Alboche » pour « un Allemand », par un facétieux emploi d'une terminaison qui ne signifie rien, mais dont les exemples abondent dans la langue des jeunes potaches. Ma mémoire ne me présentant pas sur-le-champ un de ces exemples, nous pouvons très bien nous contenter de celui que M. Sainéan vous a offert dans sa lettre du 29 mars : artijîot pour artilleur. La syllabe flot ne