LE MOT « BOCHE
veut rien dire du tout ; c'est un non-sens; c'est « pour soy rigoler », comme eût dit notre maître Rabelais, et je pense qu'il en fut ainsi d'abord des deux dernières syllabes d'Alboche.
« Mais des gens d'esprit qui n'aiment pas à parler pour ne rien dire ont senti le besoin de prêter un sens à ces syllabes. Ils ont dit « un Boche » tout court, et ils ont aisément rattaché la signification de ce mot à celle d'autres qualificatifs du même genre et non moins désobligeants, qui commencent par un B : Bêle, Brute, Bèta, Bougre, Balourd, Bûche, tête de Bois, etc.
« Voilà ma petite explication, qui n'a pas le mérite d'être neuve, car il me semble avoir déjà lu je ne sais où, et peut-être ici même, quelque chose d'approchant.
« Prenez-la pour ce qu'elle vaut, c'est-à-dire pour peu de chose et continuons, mon cher confrère, à faire la guerre avec notre vieille plume, puisque, pauvres bras inutiles que nous sommes, nous n'avons pas d'autres obus pour bombarder ces Brutes, ces Butors, ces Bélitres, ces ânes Bâtés, ces Bornes, ces Blocs, ces Brigands, ces Bandits, ces Barbares..., ces Boches.
« Paul Stapfer. »