Histoire et littérature, m, p
gut l'a dit avec un grand sens, qu'une âme de bonté réchauffait :
Il ne faut jamais laisser attaquer les gens qui, au milieu môme de beaucoup de défauts, ont eu une vertu quelle qu'elle soit. Il me serait impossible de laisser un démagogue attaquer sottement ce funeste grand homme, Philippe II, roi d'Espagne; je ne pourrais jamais entendre un voltairien débiter son chapelet d'injures contre Ignace de Loyola, sans avoir envie de prendre sa défense, et je le défendrais en vertu de ce principe incontestable, que la noblesse d'âme, même mal dirigée, est préférable à l'absence de noblesse *.
Regardons autour de nous : où se trouve la plus grande bonté? Presque toujours elle accompagne la plus grande intelligence. Le véritable homme d'esprit ne se moque pas de l'ignorance et ne s'irrile pas contre l'erreur. Préjugés et superstitions lui apparaissent comme de vieux amis de l'humanité qui ont pu lui faire du mal quelquefois, mais qui lui ont rendu des services vitaux en l'aidant à poursuivre son voyage obscur.
L'astrologie, les tables tournantes, le spiritisme, toutes les formes du merveilleux et du surnaturel sont, à considérer les choses avec intelligence et avec bonté, d'intéressantes tentatives de l'homme isolé dans sa profonde nuit, pour se relier au système vivant de l'univers. « Il y a plus de choses au ciel et sur la terre, Horatio, qu'il n'en est rêvé dans votre