‹ Les leçons de la guerreChapitre 33 sur 34 · Revue des Deux-Mondes du 15 juillet · texte numérisé non relu

Revue des Deux-Mondes du 15 juillet

philosophie. » Se sentir solidaire de tout le reste du monde, c'est une idée qui a quelque chose de divin. Certaines superstitions sont un aveu del'âme humaine reconnaissant ses immenses relations avec toute lanature, « reconnaissant, comme l'a dit Emerson ^ que le climat, les siècles, les mondes éloignés aussi bien que les proches entrent pour une part dans nos biographies ». L'ardent espoir, si naturel et si humain, d'une communion des rivants et des morts m'empêchera toujours de railler les expériences bizarres des spirites.

C'est sans doute dans nos rapports avec les personnes qui dépendent de nous par des liens de subordination, — enfants, écoliers, étudiants, ouvriers, gens de service, — que la bonté rencontre les plus belles occasions de se manifester; mais ici son exercice se complique de la crise sociale que nous traversons.

L'ancien édifice de la vie familiale ne se fonde plus sur l'amour. Jusque dans les cours de morale primaire on enseigne à l'enfance, — qui n'en a que faire, — puis à la jeunesse, — qui les apprend inutilement et trop tôt, — ses droits au lieu de ses devoirs. Nous n'avons plus de serviteurs qui deviennent, comme cela se voyait autrefois, des membres

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