‹ Les leçons de la guerreChapitre 6 sur 34 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

Vieux rocs, chêne des ans vainqueur.

Dont je sens, quand je vous contemple, L'dme éparse entrer dans mon cœur;

0 vierge forêt, source pure, Lac limpide que V ombre azuré, Eau chaste où le ciel resplendit.

Conscience de la nature, Que pensez-vous de ce bandit ?

Je ne sais pas s'il existe une « conscience de la nature », mais il devrait y avoir une conscience du genre humain. S'il y en avait une, si le monde civilisé, si l'Europe, si les Etats-Unis d'Amérique, si le pape, si toutes les églises, tous les peuples, tous les gouvernements avaient protesté {comme c'était leur devoir) contre le crime initial, — laviolation de la Belgique, — la Suisse n'aurait pas cru sa neutralité compromise par un article de revue ; car d'abord elle ne serait pas restée neutre ; elle aurait uni sa voix généreuse et loyale à celle de toute la terre, et, devant une telle unanimité^ le misérable n'aurait pas pu continuer ses crimes.

Plus souvent qu'on ne croit, le parti le plus juste est le meilleur, le plus simple, le plus facile. Que la conscience du genre humain crie tout haut « ce qu'elle pense de ce bandit », que toutes les forces de l'esprit pacifique et conservateur s'allient contre le démon de la conquête et de la destruction, la vie heureuse et féconde renaît, l'Europe respire, et la guerre s'éteint, faute de guerroyants. Ce qui nous empêche de nous intéresser très sympathique ment aux périls des neutres, sur lesquels on cherche à nous apitoyer, c'est la pensée que,

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