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CHAPITRE III

Les Premières Amours. — Départ de Pologne. Chopin à Paris.

Connaissez-vous bien le second concerto, l'immortel concerto en fa mineur de Chopin? Vous êtes-vous pénétré de l'admirable adagio dont, selon Schumann, « un seul accord vaut plus que dix œuvres primées d'autres célébrités?» En tout cas, quand vous l'entendez jouer par le maître Pugno, vous écoutez toute l'histoire du premier amour de Chopin.

Quelle est cette élue entre les femmes qui a inspiré au musicien, pour notre bonheur à tous, ce chant divin de l'amour naissant?

Elle s'appelait Constance Gladkovskaïa, elle était très jolie et possédait une belle voix. C'était une élève du Conservatoire de Varsovie... On ne sait rien de plus sur elle.

Chopin lui-même n'en savait pas beaucoup plus long quand il a écrit son adagio. Il la voyait jour et nuit dans ses rêves, elle était l'inspiratrice de ses pensées secrètes, de ses tourments et de ses extases. Rien ne pouvait égaler son bonheur lorsqu'il la contemplait de loin, à l'église des Bénédictines, absorbée dans la prière. Et comme s'il eût eu peur qu'en se rapprochant de l'aimée, il dissiperait ce délicieux état qui l'incitait à la création musicale, il évitait Constance et confiait ses joies et ses peines d'abord au piano, puis à son ami Titus :

« Je semble gai, lui écrivait-il à cette époque, surtout quand je suis en société, mais dans mon for intérieur, je suis rongé, inquiet, angoissé, indifférent au monde entier... Puis, tout à coup, le désir de vivre renaît et je veux travailler, je veux atteindre l'impossible... Et alors je raconte à mon piano ce que j'aurais voulu te dire, a toi. Je voudrais chasser loin de moi les pensées qui m'obsèdent et en même temps j'aime à me plonger en elles. Souvent je transforme le jour en nuit et la nuit en jour, je vis dans le rêve et je dors dans la lumière. »

Cependant, il songe à fuir pour secouer cet état, il veut partir de Varsovie, mais il craint qu'en ne voyant plus celle qu'il adore et qui l'inspire si heureusement, il sentira la sève de création qui bouillonne en lui tarir tout à coup.

Alors une lutte intérieure éclate dans l'âme du musicien. Il écrit tous les jours à son ami qu'il va quitter la Pologne pour n'y plus revenir, il le sent, et pourtant il reste quand même.

Constance doit débuter au théâtre de Varsovie dans un opéra de Paër, Agnès. Il décide qu'il assistera à ses débuts, il se mettra en route tout de suite après...

Elle débute avec éclat. Plein d'enthousiasme, il décrit à son ami cette soirée et dit combien Constance a été admirable, puis finit en déclarant qu'il retardera encore un peu son départ. C'est qu'il aime à la voir dans les salons ou elle chante... Elle est si merveilleusement belle dans sa robe blanche, avec des roses dans ses cheveux...

Chopin est persuadé qu'il aimera Constance jusqu'à son dernier souffle.

« Je me laisserai arracher tous les cheveux l'un après l'autre plutôt que de cesser de l'aimer !... » écrit-il.

Dès qu'il apprend que Constance va être obligée de quitter Varsovie pour poursuivre sa carrière d'artiste, il se résout à mettre à exécution son projet de voyage, depuis si longtemps en suspens. Mais avant de s'éloigner de Varsovie, peut-être pour toujours, il donne encore un concert où Constance, « en robe blanche avec des roses dans les cheveux », chante comme elle n'a encore jamais chanté...

Et toujours plein de son image, le i" novembre i83o, Chopin quitte la Pologne, qu'il aime si ardemment, à qui il gagnera tant de cœurs, mais qu'il ne reverra plus.

En quittant Varsovie, Chopin ne savait pas au juste où il irait. Il fit une première halte à Breslau, où il assiste à une représentation du Maçon d'Auber, et joue dans le salon du cappelmeister Schnabel, une ancienne relation de sa famille, la Romance et le Rondo de son concerto en mi mineur, puis s'abandonne à une improvisation sur la Muette d'Auber.

Il apprend à ses dépens qu'une œuvre originale ne peut être appréciée d'emblée; les assistants admirent son toucher, mais ne comprennent rien à ses compositions. Titus Woyciechowski, qui avait accompagné son ami en voyage, recueillait autour de lui des réflexions dans ce goût : « Certes, Chopin joue bien, mais il ne sait pas composer. »

A Dresde, où l'artiste arrive le 12 novembre i83o, il passe plus de deux semaines. 11 va à l'Opéra, où règne, comme partout, la musique italienne. 11 est reçu dans le monde et s'étonne de voir, dans les salons où l'on fait de la musique, les tables entourées de dames qui, toutes, ont un ouvrage à la main et font jouer les aiguilles à tricoter.

« Le nombre de dames et d'aiguilles à tricoter, écrit Chopin à ses parents, est si considérable que si elles s'avisaient de vouloir attaquer les messieurs, ceux-ci passeraient un bien mauvais moment. »

Il visite assidûment les galeries de tableaux et se sent transporté d'admiration. Devant certaines toiles il éprouve des sensations musicales et croit entendre de la belle musique.

Après un court séjour à Prague, le 3o novembre, Chopin et son fidèle Horatio arrivent à Vienne et y subissent des vicissitudes de toutes sortes. L'hôtel de StadtLondon, où ils sont descendus, a des prix exorbitants, et ils le quittent pour le Goldenes Lamm.

Les déceptions se succèdent et enveniment le séjour de l'artiste : son éditeur, Haslinger, lui déclare, à sa stupéfaction, qu'il ne publiera rien de lui. Les amis qui

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lui avaient manifesté une sympathie si enthousiaste lors de sa première visite à Vienne, l'ont déjà totalement oublié. Mais, par dessus tout, il ne peut prendre son parti d'être si loin des siens lorsque l'insurrection vient d'éclater en Pologne, et il maudit sa faible santé qui l'empêche de se battre pour la cause qui lui est si chère.

Il sent qu'il ferait un bien mauvais povstanetz (insurgé); pourtant il a déjà conscience qu'avec ses immortels nocturnes, où palpitent l'âme douloureuse de la patrie déchirée et ses héroïques espoirs, il servira plus efficacement la Pologne, que s'il s'était enrôlé sous les drapeaux.

Et dans cette tourmente que devient Constance? Cette pensée le hante. Il accepte à dîner chez Mm0 Beyer parce qu'elle, s'appelle aussi Constance. Il recherche sa société uniquement parce qu'elle porte ce nom chéri. Il ressent un plaisir inimaginable à effleurer des doigts son mouchoir ou l'anneau de sa serviette, parce qu'ils portent les initiales de l'aimée...

Il est tiré de son rêve éveillé par une lettre de son ami Matuszynski qui lui apprend que Constance n'est plus du tout la même, qu'elle est loin d'être aussi jolie qu'elle l'était.

« Est-il possible qu'elle ait pareillement changé ? s'écrie Chopin dans une lettre à son ami. Peut-être a-telle été malade? Il n'y aurait rien là d'étonnant, elle est de nature si impressionnable. Peut-être vous a-t-elle seulement paru ainsi ou en ce moment était-elle bouleversée par quelque chose ? Dieu me garde de lui occasionner la moindre souffrance. Tranquillisez-la, et diteslui que, tant que mon cœur battra, je ne cesserai pas de l'adorer. Dites-lui que même après ma mort mes cendres seront répandues sous ses pieds. Et encore tout cela est trop peu, et vous pouvez lui en dire bien davantage ! »

Souvent, le soir, il entrait dans la cathédrale de Saint- Étienne et restait appuyé à une colonne, plongé dans une longue contemplation, le regard noyé dans l'ombre des hautes voûtes. Autour de lui régnait un silence profond, interrompu seulement par les pas du sacristain qui venait allumer les cierges... Devant lui était une tombe, derrière, une autre tombe, et sur sa tète, les ténèbres. Il ressentait dans toute son intensité sa douleur, en laquelle se confondait celle de sa patrie agonisante, et ne se possédant plus, il regagnait à la hâte son appartement et faisait chanter son piano...

Il n'écrivait pas, il improvisait, ébauchant en sa pensée ces nocturnes, ces préludes et ces études qui condenseront dans leurs sanglots passionnés sa souffrance, ses larmes et celles de tous les martyrs d'une grande cause.

A partir de ce moment Chopin ne trouve de repos nulle part. Il part de Vienne sans savoir où il ira. Il donne un concert à Munich et s'arrête à Stuttgart. C'est là qu'il apprend la prise de Varsovie par les Russes, et son âme brisée épanche son désespoir dans l'inoubliable Étude en ut mineur, où il verse non de stériles lamentations, mais son ferme espoir dans l'avenir de la Pologne.

Et en effet une patrie qui inspire de tels accents ne périra pas plus que la Grèce de Sophocle et d'Eschyle.

Enfin, il se détourne de la terre allemande, où son âme polonaise se sent étrangère, et il vient à Paris « en passant » comme il aimait à le répéter, et il y restera tout le reste de sa brève existence.

Paris, après les trois glorieuses journées, était en plein épanouissement du romantisme. L'échevelé envahissait non seulement le roman, la poésie et le drame,

mais délogeait dans ses derniers retranchements le classicisme correct et timoré. Berlioz venait d'obtenir le prix de Rome, et déjà troublait par la hardiesse de ses accords la quiétude du monde musical, tandis que Liszt s'essayait au rôle de prophète de l'art nouveau.

Chopin, romantique par son tempérament, est romantique aussi dans toutes ses œuvres, mais il l'était inconsciemment et réprouvait cette nouvelle forme de l'art, ne reconnaissant pour artistique que ce qui est élégant, fin, bien vu, de bon ton.

L'art démocratique lui semblait un non-sens, une hérésie. Loin de rechercher les cénacles révolutionnaires, à son arrivée à Paris il va trouver Chérubini, chez qui il rencontre Rossini, Meyerbeer, Auber, Keller. Il se préoc cupe surtout de devenir un grand virtuose.

L'étoile des pianistes était alors Kalkbrenner, un astre depuis longtemps oublié. On l'appelait de son temps l'abbé Delille des pianistes et des compositeurs, et il exerçait tant de séduction sur ses contemporains, que Schumann lui-même avoue qu'étant tout jeune il a joué avec plaisir la musique de Kalkbrenner.

Chopin le trouve parfait comme compositeur et exécutant, et ajoute qu'il possède un « je ne sais quoi » qui le place au-dessus de tous les autres pianistes.

Il lui demande de lui donner des leçons ; Kalkbrenner consent mais pose des conditions inacceptables. 11 prétend exiger du jeune Polonais qu'il s'engage à étudier le piano trois ans sous sa direction. Chopin renonce à ce projet et explique au long ses motifs dans une lettre à Elsner :

« Étudier trois ans, c est trop pour moi ! Je consacrerais volontiers plus de trois ans à l'étude, si je pensais que j'atteindrais le but que je poursuis toujours. Mais il est évident pour moi que je ne deviendrai jamais une copie de Kalkbrenner. Il ne parviendra pas à briser ma résolution, peut-être téméraire, mais haute et inébranlable, d'ouvrir une nouvelle ère dans la musique. »

Parmi les lettres de Chopin, c'est la seule ou il exprime nettement son intention de rénover l'art musical. L'œuvre entier de Chopin est si grand et si beau, que nous n'avons rien à regretter; seulement le fait qu'il ne se préoccupe point, comme la plupart des novateurs, d'exposer une théorie, indique, à ce qu'il me semble, que jusque dans ses audaces, il n'obéissait qu'à son inspiration. La raison entre pour peu de chose dans sa création; elle est tout sentiment.

Les débuts de Chopin à Paris, comme pianiste, furent difficiles. Il éprouva une déception si cruelle en se voyant méconnu, qu'il se disposait à boucler ses malles pour rentrer chez lui,' lorsque le hasard lui fit faire la connaissance du prince Radzivill, qui l'emmena à une soirée chez le baron de Rothschild. Le virtuose obtint un vif succès et fut assailli de demandes de leçons.

En i832, Chopin décrit sa vie à Paris dans une lettre adressée à son ami Dzevanowski : « J'évolue dans la plus haute société, au milieu d'ambassadeurs, de princes et de ministres. Je me demande encore comment il se fait que je me trouve là : c'est venu tout seul. Mais, maintenant je ne peux plus m'en passer, car, quoi qu'on en dise, ils donnent le ton... Si l'on vous a entendu chez l'ambassadeur d'Autriche ou d'Angleterre, vous passez du coup pour un pianiste de grand talent... Aujourd'hui, j'ai cinq leçons à donner. «

L'admiration que Chopin professe pour le grand monde ne lui fermait pourtant pas les yeux sur ses mesquineries, ses petitesses et les inconvénients que sa fré-

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quentation présente pour un artiste : « Tu te figures sans doute, écrit-il à son ami, que je suis en train de m'enrichir? Hélas! le cabriolet et les gants blancs absorbent presque tout mon gain, et sans cabriolet et gants blancs, je ne peux satisfaire aux exigences du bon ton. »

Mme de Girardin nous a laissé dans ses « Lettres Parisiennes » un délicieux tableau d'une soirée chez Mme de Courbonne, à laquelle Chopin assistait.

Une élève de Chopin avait obtenu beaucoup de succès au piano et son maître avait joui de son triomphe. Cependant les dames se demandaient anxieusement s'il se ferait entendre. La maîtresse de la maison eut pitié de leur tourment et fut indiscrète avec héroïsme. Chopin ne se ht pas prier, heureux d'être entouré d'une vingtaine de musiciennes, admiratrices enthousiastes de son talent, qui ne laissaient échapper ni une intention, ni un trait de ses mélodieuses fantaisies. C'était bien plus une conversation musicale qu'un concert. Au lieu du virtuose qui suit imperturbablement un programme et disparaît • quand il l'a exécuté, il répétait de bonne grâce la phrase favorite que redemandait une auditrice.

Mme Une Telle s'écriait :

— Je vous en prie, jouez-nous le joli nocturne dédié à Mlle Stirling, celui que j'appelle le nocturne dangereux.

Il souriait et jouait le fatal nocturne.

— Et moi, risquait alors une autre admiratrice, j'aimerais tant vous entendre interpréter cette mazurka si « triste et si douce... »

Il souriait encore et s'exécutait...

Cependant, si Chopin se montrait docile avec les dames et en petit comité, il était loin d'avoir la même complaisance pour les hommes. Quand il se trouvait dans leur société exclusive, rien ne pouvait le décider à se mettre au piano, surtout lorsqu'il soupçonnait ses auditeurs d'être mus par la curiosité d'entendre le célèbre Chopin et point du tout par l'amour de la musique.

Berlioz rapporte à ce propos une piquante sortie du musicien : Un banquier, qui l'avait invité à dîner, tout de suite après le café s'approcha de son hôte et lui dit :

— Vous seriez bien aimable de nous jouer quelque petite chose, car plusieurs de mes convives meurent d'envie de vous entendre et n'ont pas encore eu ce plaisir.

Chopin s'excusa en montrant clairement qu'il n'était pas disposé à obéir à cette injonction. L'amphitryon insista lourdement, laissant percer son arrière-pensée, à savoir qu'un si bon dîner valait bien cela.

Le virtuose alors, d'une voix brisée, et entre deux quintes de toux, soupira faiblement : « Ah ! monsieur... j'ai... mangé si peu ! »

Chopin aimait en toutes choses : l'élégance. Sans rechercher le luxe il choisissait avec goût les objets qui l'entouraient. Par-dessus tout, il avait la passion des fleurs et en remplissait tout son appartement.

Hostile en principe au romantisme, Chopin l'était aussi aux tendances démocratiques. Quand il se trouvait avec ses compatriotes, il évitait toute discussion trop vive, et le moindre écart de langage le mettait hors de lui, com-

me s'il entendait une fausse note! Son cœur n'en saignait pas moins des maux qui désolaient la Pologne, et lorsqu'un patriote arrivait à Paris, il courait au-devant pour se mettre à sa disposition, lui donnait tout son temps, le comblait de cadeaux, lui ouvrait sa bourse, lui faisait les honneurs de la capitale et avait de la peine à s'en séparer.

Sentait-il que sa muse avait besoin de respirer le souffle d'air natal que lui apportaient les réfugiés de la patrie opprimée ? Avec eux se croyait-il plus près de Constance?

Il n'avait pas tardé à apprendre qu'elle s'était mariée. Il n'en fut ni très surpris ni trop fâché. Comme il avait toujours aimé en elle un idéal qui entretenait chez lui une surexcitation favorable à sa création musicale, il transposa cet idéal sous les traits charmants d'une ou l'autre de ses innombrables admiratrices, pour ne pas dire adoratrices.

Il est assez curieux de remarquer que jusqu'à ce que la destinée l'ait mis en présence de George Sand, Chopin n'avait pas eu de liaison soutenue. Son exaltation amoureuse, toute platonique, s'adressait toujours à une jeune fille. Chopin n'était pourtant pas ce que nous appelons aujourd'hui un Jlirleur; ses amours de tête étaient sérieuses et sincères. Il y avait toujours un peu de la tendresse d'un frère aîné dans ses emballements, et pardessus tout de l'exaltation chevaleresque.

Pour ma part, je suis enclin à croire que son amour pour Marie Vodzinski n'a été qu'une phase de cette adoration de l'éternel féminin, qui fut toujours la source intarissable et pure de son inspiration. Quelques biographes assurent que Chopin a eu pour cette jeune fille une vraie passion. Il la connaissait dès son enfance, et lorsque, en i835, elle vint avec ses parents à Paris, il passa toutes ses soirées dans cette famille amie, jouant à quatre mains avec Marie. C'est pour elle qu'il composa un soir sa valse, Y Adieu.

L'été suivant, Chopin se rendit à Marienbad où il rencontra de nouveau la famille du comte Wodzinski. Cette fois, à ce qu'on assure, il aurait avoué ses sentiments et risqué une demande en mariage. Évidemment la jeune fille partageait le point de vue de ses parents, qui jugèrent qu'un compositeur célèbre mais pauvre, et qui courait le cachet, n'était pas un parti sortable pour une fille noble.

Marie Wodzinski promit à Chopin qu'elle garderait toujours son souvenir impérissable dans son cœur, et le lui prouva en épousant six mois plus tard un homonyme du grand compositeur, le comte Frédéric Skorbek. Elle regretta peut-être d'avoir donné la préférence à ce Frédéric titré, car peu après elle obtint du pape l'annulation de son mariage. Elle convola d'ailleurs en secondes noces avec un noble Polonais qui la laissa veuve.

Chopin du reste, ayant tiré de sa gracieuse amie toute l'inspiration musicale qu'elle pouvait lui donner, ne se morfondit pas en regrets. Il allait enfin se trouver en présence de la femme qui devait influer sur toute sa destinée et fut son unique passion, George Sand.

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