Éd. Mignard, p
Une bulle d'Eugène 111, du 18 novembre 1145, parle de Vecclesia niontis Lasconis '.
Le mont Lassois était donc, au xii'' siècle, couvert de constructions fréquentées et de ruines plus ou moins anciennes-, mais assez imposantes pour que l'imagination y ait pu voir les ruines du château de Girard.
Ainsi, « l'auteur de la Vita place le château de Roussillon dans le voisinage immédiat de l'abbaye en l'honneur de laquelle il écrivait -^ ». L'ancienne chanson faisait-elle de même? C'est « assez probable », écrit M. P. Meyer. Montrons que c'est certain.
Au § 59 de la chanson renouvelée, comme le roi a dressé son camp sous Roussillon, dans les prés, un personnage épisodique, Foucher, qui est magicien, va de Roussillon à sa tente pendant la nuit et y fait un tel enchantement qu'il la détruit. « Puis, il vint sous le Mont Lascoîi dans la plaine. Là paissent cent mulets et cent chevaux. 11 les emmène tous, les fait charger de butin, passe sous Roussillon au chant du coq » et s'en va. Roussillon est donc sur le mont Lascon, pour le poète comme pour le moine. Que veut-on de plus assuré, et pourquoi M. P. Meyer,
1. D'Arbois de Jubainville, Note sur le pays de Laçois, dans la Bibliothèque de V Ecole des Chartes, 1858, p. 348 et suivantes.
2. Ces ruines subsistaient encore au xiii^ siècle ; Duchesne écrit en 1619 : « Les ruines du chasteau de Roussillon se voient encore entre Mussi-l'Evesque et Chastillon-sur-Seine. » {Histoire des roys, ducs et comtes de Bourgogne, t. I, p. 232).