Voyez Amato Amati, Dizion.irio corogra/ico deU'llalia, au
mot SERRAVALLE.
de ces thermes, de cet aqueduc et de cet amphithéâtre romains que Jacques d'Acqui fait évoluer les cavaliers que g-uident Gharlemagne, Otinel et le roi païen Marcus. Ainsi faisait, sans nul doute, le poète français <|ui, le premier, chanta dOtiuel et de Roland. Ici comme dans l'amphithéâtre de Pola, comme dans le Môle d'Adrien ou le Colysée, comme dans les Arènes d'Arles, comme dans les restes de Julia Fidentia, comme dans les « palais Galiène » de Poitiers et de Bordeaux, comme dans les cimetières ^allo-romains de S:\int-Seurin et des Aliscamps, des légendes carolingiennes éclosent en des ruines romaines : elles s'en échappent sous la forme de chansons de geste françaises; comme par hasard, ces fictions se mêlent, ici comme ailleurs, en des écrits latins, à l'histoire d'ég-lises ou d'abbaves établies aux abords de ces ruines ; et, comme par hasard, ces ruines, hantées par les pairs de Gharlemagne, se dressent sur de grandes routes que battent les jacobites, les romieux ou les paumiers.
Mais l'une des principales intentions de ce livre est de montrer que ceux-là sont bien naïfs, ou bien aveuglés, ou bien obstinés, qui ne veulent voir en ces faits que des jeux du hasard.
CONTRE-ÉPRFUVF.
La Chanson d'Aspremont est, comme on sait, le récit d'une expédition fabuleuse menée par Charlemagne contre les Sarrasins au fond de la Calabre. Il
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s'agit de les déloger de <.<■ la pute Rise », c'est-à-dire de Reggio, et, pour y parvenir, Gharlemagne les combat dans le massif d'Aspromonte.
Ici nous sommes loin de la Via francigena et, je crois, de toute voie de pèlerinage. Pourquoi ce poète a-t-il choisi la Fouille et la Galabre pour y placer l'action de son roman ? Gomment connaissait-il Reggio et Aspromonte ? Sans doute il convient de se rappeler que les Normands dominaient alors sur ces régions et que Reggio était une ville à demi française. Néanmoins, notre thèse est ici en défaut. Si, dans notre trésor épique, nous trouvons localisée de même avec précision en quelque région de l'Italie et, comme Aspremont, loin des routes de pèlerinage, une seconde légende carolingienne, puis une troisième, puis d'autres, et d'autres encore, à mesure que leur nombre croîtra, décroîtra la vraisemblance de notre explication.
Nous sommes donc tenu de la soumettre à une contre-épreuve. Il s'agit d'épuiser la liste des chansons de geste ou des épisodes de chansons de geste qui ont l'Italie pour théâtre.
Une chanson perdue, ou tout au moins une scène d'une chanson perdue, racontait comment Aimer le Ghétif avait conquis Venise ^ Dans le Couronnement de Louis, Guillaume vient en pèlerinage à Rome. Je me suis bien gardé, en mes précédentes études, d'attacher la moindre importance à cette mention de Venise dans la légende d'Aimer, de Rome dans la