Vers cités par Fr. Michel, CJiarlemaçjne, p. li
LE MOXIAGK OGIER 317
nom de Benoît; de même Aribert, fils du comte Raimond de Toulouse. Les deux plus anciens laïcs de ce nom que jaie rencontrés sont un Benoit, vicomte de Toulouse au commencement du x° siècle, et un Benoît, préfet de la ville de Rome en 1088. Cette petite remarque met très elficacement en évidence le rôle du sanctuaire de Meaux dans la formation de la légende d'Obier : il faut que le premier jongleur qui a introduit Benoît dans une chanson de g-este ait visité l'ég-lise de Saint-Faron '.
D'autre part, un épisode de la dhcvalerie Ogier manifeste fort bien l'alliance des jongleurs et des moines de Meaux. Gomme le Sarrasin Brehus ravage la FrancLi et que Cliarlemagne est fort en peine de se débarrasser de lui, voici qu intervient dans notre roman un personnage peu banal : c'est un abbé belliqueux, qui offre de mener tous ses moines en croisade pour secourir la France, un abbé généreux, qui offre tous ses trésors. Or, c'est l'abbé de Saint-Faron de Meaux. Il tient ce discours aux messagers de Charle magne :
10600 « Dites Kallon, mon seignor droilurier, Ghaiens avons un trésor si très fier Ne le nienroienl cent nuil et Iroi somier; Il Tara loi, se il en a lueslier ; S'en doinl asseis as vaillans soldoiers, As dus, as conles, as vaillans chevaliers,
1. Voir, dans le même sens, les remarquesdeM. Voretzsch, KJiivr. cUr, p. 02.