Ouvr. cité, p
'{24 OGIEli LK DANOIS Kl' SAIN l'-FAHON
« Qui hoslibus visibiiibiis tei'i'il)ilis l'ueral in acie ordinata, tanquam par Hollaïulo, aiit cerle major, factus est torriI)ilis hosliious iiivi.sihilibus. Miles igitur gloriosus, quo praeseiite exerciLus IvaroH vicloriam semper consecntiis est, l'actus est miles Christi Meiclis, pro lorica militari colobio monachi indiitus. Suspensum est generosi (lucis sciitum in moiiasterio Meldensi, reservata sunl arma ibellaloris incliti, cuins jussione equus laborem insolitum subiit, vehens lapides ad reparationem ecclesiae illius qui est. lapis justitiae. »
Il suffît d'avoir lu quelques vies de saints pour en reconnaître ici le ton et le tour. Neckam ne voulait découper dans une Vie de saint Oj^ier (|u\in récit relatif à son cheval ; mais il a donné ses coups de ciseaux trop haut et trop bas, en sorte que le caractère hagiographique de son récit est reconnaissable ; il ajoute, ce qui achève de prouver qu'il transcrivait un écrit émané de Saint-Faron, que le roi, reconnaissant à Ogier de sa prouesse, lit présent à ce monastère de quatre riches domaines.
Il est donc avéré que les moines de Saint-Faron. non contents de leur antique Conversio Othrjeril inilifis, composèrent en outre à sa louange une autre Vie plus fabuleuse, où ils prolongeaient son existence jusqu'au temps de Louis le Pieux et l'égalaient à Roland : et cet écrit hagiographique fut la source d'Alexandre Neckam. Mais cette source à son tour, puisqu'elle contenait la légende épique du vieux cheval retrouvé, ne faisait sans doute, selon l'expression de M. Pio Uajna ^, que reverser les eaux venues d'un poème fran-