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J. Bbdier. — Les légendes épiques, t. II. 23

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ses sujets ni à la IracUtion, nia l'invention ; elle n'en a pas d'autres que les faits contemporains, qui s'y retlètent sous le jour où les voient les acteurs euxmêmes ; elle est, avec cette restriction, absolument sincère, et aurait, si nous la possédions dans sa forme originale, la valeur d'un document historique de premier ordre. Malheurevisement, elle fut de bonne heure exploitée par les jongleurs qui, pour conserver en bon état de service les chansons qu'ils colportaient et qui étaient leur g-ag-ne-pain, les altéraient de mille façons et les renouvelèrent plusieurs fois dans le cours des âges. »

Cette doctrine se fonde sur trois groupes d'arguments :

1° L'action de Raoul de Cambrai repose, dit-elle, sur des données morales et sociales très archaïques ;

2° Le renouveleur du xii"^ siècle, dit-elle encore, nous apprend lui-même que le premier poète qui ait chanté les aventures de Raoul de Cambrai était un contemporain de Raoul, nommé Bertolai ;

3° Ce renouveleur, dit enfin la théorie, connaît des événements historiques qu'il eût été impuissant à recueillir lui-même et qu'il a nécessairement trouvés dans un poème du x® siècle.

Si l'un quelconque de ces arguments est juste, il suffît : la théorie est fondée. Je les considérerai l'un après l'autre dans l'ordre où je viens de les ranger.

LA THÉORIE TRADlTlONiNELLE 355

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