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Je reviendrai plus loin à cette chronique

629 « Vosti'e hom sui liges, si m'ait saint Symon. Ja a mes oirs n'en iert retracion Que par moi soit menée traïson ; Mais je vos proi, por Dieu et por son non, Qu'as fius Herbert ne soit ja vo tençons. » Raous l'oï; mornes fu etenbrons.

Dira-t-on que le poète prête à Bernier un pressentiment de la haine qui s'éveillera un jour dans le cœur de Raoul contre les fils d'Herbert ? Le pressentiment serait absurde : cette haine ne se serait jamais éveillée si un autre comte quelconque était mort avant Herbert de Vermandois, et Bernier n'a aucune raison de supposer que Raoul revendiquera jamais un autre fief que le Gambrésis. Dira-t-on que Bernier, au moment où il entre, par la cérémonie de l'hommage, dans une famille fictive, prend la précaution de réserver contre toute éventualité les droits de sa famille vraie ? Mais cette précaution inoffensive ne devrait pas irriter Raoul :

Raous l'oï; mornes fu et enbrons. ..

elle ne devrait pas l'irriter, puisqu'il ne peut raisonnablement imaginer qu'il aura jamais le moindre démêlé avec l'ami de son père, Herbert, ou avec ses fils. Cette scène s'expliquerait fort bien si l'on supposait que, dans une version plus ancienne du poème, Raoul avait des griefs personnels et anciens contre le lignage de Vermandois. Cette supposition devient plus probable quand on considère luie autre scène,

'M}{) i.A F.ÉG^;^r^K de raolii. dk cambrai

celle que voici. Bernier a été élevé par Raoul, qui la comblé de bienfails ; puis, outrag-é par lui, il retourne vers son père, Ybert de Ribemont. A notre surprise, Ybert le reçoit très durement : « Si Raoul ta maltraité, dit-il, c'est fort bien fait; pourquoi as- !u follement abandonné [guerpi] tes parents? » Ce reproche est contradictoire à ce qui nous a été dit jusque-là de Bernier ; dame Aalais et Raoul l'ont « nourri » dès son jeune âge :

384 Dame Aalais par debonairelé Avoit l'eafantiiorri de jone aé.

S'il a été apporté tout enfant à Cambrai, il n'est donc pas coupable d'avoir guerpi sa parenté. Mais Ybert de Ribemont lui en veut de l'avoir guerpie <( déjà grand » :

1873 « Tant que tu fus petiz en ma baillie, Te norresimes par moltgrant signorie , l^t quant fus grans, en ta bachelerie, \os guerpesis par ta large folie :

Raoul creïs et sa losengerie ; Droit a Cambrai lu ta voie acoillie.

Tu Tas servi ; il t'a fait cortoisie : Tant t'a batu comme vielle roncie.

Je te desfen toute ma manantie, Ja n"i prendras vaillisant une alie ! »

Pourquoi cette colère ? Et pourquoi reproche-t-il si durement à son fils d'avoir, comme tant d'autres jeunes gens, servi en qualité de bachelier un seigneur voisin et ami?

LA THÉOKIE TRADITIONNELLE 364

Toutes ces contradictions et toutes ces bizarreries disparaissent si l'on admet que, dans la version primitive, Dernier avait servi Raoul contre le gré de son père ; Raoul et les barons du Vermandois étaient depuis long-temps ennemis : c'est par l'effet de ces haines anciennes que Raoul, à la mort d'Herbert, envahissait' le Vermandois, excité, comme dans la Chronique de Waulsort, par le roi de France qui, lui aussi, avait à veng-er des injures anciennes. Bref, le poème primitif .était fondé peut-être sur de tout autres données que le poème actuel ; la question de l'hérédité des fiefs ne s'y posait pas ; et ce thème, si archaïque, nous dit-on, que seul un poète du x*" siècle a pu l'inventer, apparaîtrait au contraire comme récent, postiche, introduit sur le tard par un remanieur '.

1. Pourquoi le reuianieur, dit-on, aurait-il inventé la nouvelle donnée (Raoul maltraité tout enfant par le roi et prenant sa revanche sur les tils d'Herhert au hasard, en essayant à son tour de les déposséder) ? C'est pour rendre Raoul plus sympathique. C'est que, ne voulant pas s'embarrasser du long récit de querelles anciennes, il aura voulu mettre du côté de son héros Raoul quelque apparence de droit, obtenir qu'il représentât quelque autre chose que le droit du poing. De là son invention, qui donne l'impression du primitif et qui pourtant est tardive. — Dans le poème actuel, il est dit à maintes reprises (v. 90.'j et suiv., 930 et suiv.) que Raoul attaque le Vermandois à ses risques et périls, sans aucune aide du roi Louis et des Français. Pourtant, dénombrant les armées en présence, le poète écrit :

2438 Assez i ot Cainbrezis et Artois

Et Braibençons ; s'i otmoit Cliampenois : Des Loey.i i ol assez Fr.invnis.

J'ai présenté ces conjectures parce qu'elles me semblent plausibles ; mais je ne voudrais rien fonder sur elles. Je le sais : il y a toujours péril et presque toujours chimère à prétendre reconstruire ainsi, par delà les textes conservés, leurs orig'inaux perdus. J'admets donc qu'il n'y a dans les observations qui précèdent nulle parcelle de vérité. Je prends tel qu'il est le récit que nous avons et je le tiens pour identique au récit primitif ; est-il vrai qu' « il représente les conditions sociales du x*^ siècle », non pas celles du xii'' ?

Si l'on cherche un temps où les héros de ce roman aient pu agir dans la réalité comme le poète les fait agir, ce temps n'est pas le xii'^ siècle, je le reconnais, mais ce n'est pas davantage le x^. Il faut remonter bien plus haut.

(( L'hérédité du fief chercha de bonne heure à s'établir en fait, et dès la seconde moitié du xi® siècle elle y avait assez bien réussi. On trouve alors parfois insérées dans les concessions de fiefs des clauses. . . portant que la concession est faite pour la vie du concessionnaire, pour celle de sa veuve, pour celle d'un de ses fils après lui. Hincmar [vers 860j reconnaît qu'il est juste qu'un vassal qui a fidèlement servi son seigneur obtienne son bénéfice, lorsqu'il peut lui succéder dans son service. On sait que le fameux capitulaire de Quierzy, en 877, considère cette transmission comme normale'. » Que le principe de l'hérédité

1. P. Guilhiermoz, Essai sur l'origine de ta noblesse en France au moyen âge, 1902, p. 197.

des fiefs n'ait d'ailleurs triomphé partout qu'après des siècles écoulés, c'est ce qui est assuré, mais ce qui n'importe pas ici. Du jour en effet où il reçut sa première application, si précaire fût-elle encore, la scène qui forme le nœud de notre roman ne pouvait plus se produire dans la vie. En présence de toute sa cour, le roi Louis jure sur les reliques, et quarante otages confirment son serment, qu'il donnei-a à Raoul le premier fief, quel qu'il soit, dont le concessionnaire mourra. Même, si nous remontons plus haut que le capitulaire de Quierzy, et au delà du règne même de Charles le Chauve, quel roi carolingien, fût-il Louis le Pieux, aurait pu agir de la sorte ? Du jour où pour la première fois un roi a transmis à un seul de ses fidèles le fief paternel, tous ses autres fidèles le servent dans l'espoir que leurs enfants obtiendront la même faveur. Si le roi proclame devant eux, stupidement, comme fait le roi Louis du roman, qu'il reprendra la terre du premier d'entre eux qui mourra, ils se sentiront tous menacés en leurs enfants et le roi se les aliénera tous. Que sera-ce si nous plaçons la scène au milieu du x** siècle, à une date où la transmission héréditaire des fiefs était, sinon en droit, du moins en fait, la règle commune et déjà séculaire? Les données de notre poème, trop archaïques pour le xu^ siècle, le sont aussi pour le x^

C'est qu'on a tort de les transposer du roman dans la vie. C'est que le roi Louis du poème n'est pas un personnage réel, mais un tyran de mélodrame. Comme tel, il peut avoir été conçu au xii*' siècle, comme il

;{(J4 LA l.ÉGKNDE l>K HAOUL DE CAMIUSAI

aurait pu l'êlre au xiv'' encore, ou au xx'', aussi bien qu'à une époque plus ancienne. En pleine époque féodale, en ell'et, alors que le lîef passait normalement du père au Hls, la notion n'en survivait pas moins que la terre ainsi promise par un vassal à son (ils restait la propriété du seigneur. « Ce qui devint héréditaire, dit excellemment M. Gh. Seignobos*, ce ne lurent pas les fîefs ; ce fut seulement le droit de contracter Feng-ag-ement de vassal envers le seig-neur du fief. Jamais le lîef lui-même ne devint héréditaire, puisque le seig-neur en restait propriétaire légal ; jamais le contrat d usufruit ne cessa d être viag-er. >< Quand un vassal mourait, son fils ou son héritier ne devait-il pas renouveler entre les mains du seigneur l'acte de foi et d'hommage? acquitter le « relief» ? (Kiand un suzerain mourait, tous ses vassaux ne devaient-ils pas renouveler entre les mains de son successeur les engagements pris à l'égard du mort ? Pures formalités en apparence, fictions juridiques, et pourtant, comme on sait, lien social résistant. Aussi longtemps quelles se maintiennent dans l'usage, aussi longtemps que dure la distinction de l'alleu et du fief, du suzerain et de l'homme lige, c'est-à-dire pendant tout le moyen âge, aussi longtemps vit l'idée qu'un seigneur, s'il va jusqu'au bout de son droit, peut reprendre le fîef d'un de ses vassaux ; pendant tout le moyen âge, un poète qui veut se représenter un tyran, ou plus exactement un roi à la fois violent,

1. Le Régime frodal, dans VIIiHtoire générale publiée sous la direction de Lavisse oL Ranil)aiid, t. H, p. 36-37.

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faible et imbécile, comme le roi Louis de notre chanson et comme le roi Louis du Charroi de Nîmes, imaijl'inera un seig-neur qui dépouille des orphelins et qui distribue les fiefs selon son caprice.

Je voudrais considérer encore une difficulté du même ordre, qui a été quel(|uefois proposée '. Bernier, dit-on, n'est pas un homme du xu*' siècle ; il est du x". Aux époques anciennes, comme chacun sait', ce n'étaient pas des terres qui étaient liées entre elles, mais des hommes ; ce qui avait précédé le don du fief, l'acte unique qui avait soudé les mailles du tissu social, c'était la foi : la relation personnelle de l'homme à l'homme, l'engagement volontaire, la soumission d'un homme libre à l'autorité familiale d'un chef librement choisi. Au xii" siècle, au contraire, on n est vassal de quelqu'un que si on tient uneterre de lui. Or, Bernier ne tient de Raoul aucune terre : Raoul l'a seulement armé chevalier, ce qui, au xn" siècle, ne constituait plus qu'un vain parrainage honorifique. Pourtant Bernier l'appelle son « seigneur lige » et se considère comme lié à lui par des liens de vasselage si étroits qu'ils l'obligent à combattre son propre père. Par là, il représenterait, dit-on, un temps oîi recevoir de quelqu'un les armes du chevalier, c'était vraiment être adopté par lui, le reconnaître pour son

1. Voyez, par exemple, Léon Gaulier, La Chevalerie, 189o, p. 75.

2. Voyez Luchaire, Histoire des institutions monarchiques de France sous les premiers Capétiens ; J. Flach, les Origines de l'ancienne France ; Ch. Seignobos, le Régime féodal (ouvr. cité), etc.

366 LA LÉGICNDE DK RAOUL DE CALIBRAI

père d'élection. Par là Bernier représenterait un type social aboli au xii'' siècle : il est du plus pur style X* siècle.

Certes les histm-iens et les feudistes ont raison d'opposer l'un à l'autre ces deux tj'pes humains, le type vassalique et le type féodal. Mais la question est de savoir si ce contraste schématique épuise la réalité, en d'autres termes s'il n'y avait pas à la fin du xii^ siècle des hommes de chair et de sang qui fussent tout semblables à Bernier.

C'est au beau livre de M. Guilhiermoz sur VOrigine de la noblesse que nous demanderons ce qu'il en était: « A part de rares exceptions [au xii" siècle], on ne fut plus désormais vassal que si on avait été chasé, que si on possédait un fief ^. » — « A part de rares exceptions » ; ce sont ces exceptions qui nous intéressent. M. Guilhiermoz ajoute aussitôt ; <( Philippe-Auguste, dans son ordonnance sur la dîme Saladine, suppose encore expressément qu'un vassal ayant plusieurs seigneurs pouvait ne pas tenir de fief de celui auquel il était uni par le lien le plus étroit, par le lien de l'hommage lige, et qui était par conséquent son principal seigneur 2 ». Les juristes du moyen âge, Jean de Blanot, qui fut officiai de l'évêché de Lyon dans

2. « Miles crucem non habens domino suo crucem habenti, ei cujus erit homo ligius, dabit decimam de suo proprio mobili et de feudo quem ad ipso tenebit; si auteni ab eo nullum tenebit feuJuin, de suo proprio mobili decimam domino suo ligio dabit, singulis vero a quibus tenebit decimam de suis l'eudis dabit ». [Chronique de Rigord, c. 59).

la seconde moitié du xiii*' siècle, Jacques de Révigny (mort en 1296), enseignent que l'on peut se constituer l'homme de quelqu un sans avoir reçu aucune concession de terre, sine re aliqua '.

Qui étaient ces vassaux non chasés? M. Guilhiermoz nous dit encore : « Au xii'^ siècle -, tout seig'ueur continue à être entouré de chevaliers dont le nombre plus ou moins grand est l'instrument de sa puissance, le signe de sa richesse et souvent la cause de sa ruine. . . Ces chevaliers, comme les vassaux domestiques de la période précédente, sont des jeunes gens non mariés, habitant constamment avec leur seigneur et entretenus directement par lui ; on continue à les appeler, en langage pédant, ses tirones, en langue vulgaire, ses hacheliers ; on les appelle aussi les milites de sua familia, de suo domo, les chevaliers de sa mesnie, de sa maison, de son ostel, ses commilitones. . . Ces bacheliers au service des princes étaient extrêmement nombreux 3. Us l'étaient tellement qu'un prince pouvait former avec eux un important noyau d'armée, ce qui lui permettait d'entrer en campagne sans attendre ses contingents féodaux ^ » Louis le Gros, par exemple, en plein xii*" siècle.

1 . Voyez Jean Acher, .Yotes aur le droit savant au moyen âge, dans la Nouvelle revue historique de droit français et étrange'^, 1896 ; tirage à part, p. Ib et p. 29.

4. Voyez les textes très nombreux, cités par M. Guilhiermoz. Ceux-ci par exemple, relatifs à Louis le Gros : Suger, en

LA LKGEiNDE DE RAOUL UE CAMIîHAI

Bernier est l'un de ces bacheliers qui foisonnent dans les romans d'aventure et dans les romans de la Table Ronde au xii* et au xiir siècle, comme ils foisonnaient dans les cours seigneuriales. Ils se considéraient assurément comme les vassaux du sei<^neur dont ils formaient la niesnie ' ; mais, s'ils n'avaient, reçu de lui aucune terre, étaient-ils tenus de le suivre en bataille, comme fait Bernier, fût-ce contre leur parenté ? Ici, ce ne sont pas des textes juridiques qui peuvent répondre, car Bernier obéit aux « lois non écrites ». En tout temps, en tout pays, le fait d'avoir mangé le pain d'un autre homme, d'avoir grandi sous son toit et reçu ses bienfaits crée certains devoirs : jusqu'où vont-ils ? à quelles conditions peut-on s'en alfranchir ? Il n'y a pas de réponse générale ; mais Bernier, l'Attale et le Ginna de Corneille agitent ce problème en leur cœur et le résolvent, chacun selon ce qu'il est et selon ce que son bienfaiteur fut pour lui 2 ; à notre tour, lecteurs ou spectateurs.

parlant de l'expédition de ce roi contre le château de Sainte- Sévère en Berry, dit : « Non cum hoste, sed domesticorum militari manu fines illos ingressus... », et, en parlant de son expédition contre Corbeil : « Cum rex pauca curialium manu, ne publicaretur, accelerasset... »

1. Cela va sans dire, en un temps où la relation de vasselage avait tout envahi, où une femme tenait son mari pour son seigneur, où un fils tenait son père pour son seigneur.

2. On verra, aux notes du livre de M. Guilhiermoz (p. 246- 2.o3), que les bacheliers de nos chansons de geste le résolvent difTéremment selon les cas. « Dans Benaiid de Montauban (p. 267), Charlemagne somme successivement tous ses barons, au nom de l'hommage qu'il lui ont prêté pour leurs

saisis du cas de conscience qui les trouble, nous le résolvons selon ce que nous sommes ; et si Bernier nous émeut encore comme un personnage largement humain, c'est parce qu'il le débat. Pourquoi notre poète n a-t-il pas représenté Bernier comme un vassal du type le plus ordinaire de la lin du xii*" siècle, comme un homme qui tient de son seig-neur une terre en fief et qui lui doit, en conséquence, le service militaire ? Précisément parce que, si Bernier navait été lié à Raoul que par les devoirs que crée le don d'une terre, il lui eût été trop aisé, au jour où Raoul attaque sa parenté, de se libérer : il n'aurait eu qu'à rendre cette terre, sacrifice facile, du moins à un héros de roman. C'est pour avoir senti cela que le poète a pris la peine d'inventer l'histoire compliquée de la bâtardise de Bernier. Il n'en a pas nécessairement trouvé les données dans « les conditions sociales du x^ siècle », s'il est vrai que le cas de Bernier est de la vie réelle de tous les temps. Bernier est un bâtard quun étranger a recueilli. Cet étranger la comblé de ses bienfaits : qu'il lui ait donné une terre ou non, qu'im-

fiefs, de pendre Richard » ; mais, quand il s'adresse à Estout, celui-ci refuse en ces termes :

n Vés la Oedon, mon père qui tient les iretés. Onques n'en oi encor ne chastel ne cité. Ains sui compainz RoUant de mes armes porter, Si me vif de mes armes com autres bachelers ; Mais, quant avrai la terre et tendrai l'ireté, Adonc ferai je, sire, toute vo volenté. »

J. BÉDiER. — Les légendes épiques, t. II.

370 LA LÉGENDE DK UAOUL DE CAMBRAT

porte' ? il l'a traité pendant des années comme un fils et comme un frère. Le jour vient où, pour la première fois, il a besoin de lui à son tour : ce jour-là, son adopté peut-il lui faillir ?

(c Le jons^leur, dit G. Paris, qui a rimé la chanson en son état actuel, ne comprenait plus rien aux passions de ses héros, faute de pouvoir se représenter les conditions sociales du x^ siècle. » Est-on tenu de se rang-er à cette opinion ? Après examen, il semble que non. A priori d'ailleurs, je l'avouerai, j'avais quelque peine à me représenter ce jong-leur qui aurait rimé en cinq ou six mille vers l'histoire de héros dont il ne comprenait plus les passions, pour le plaisir d'auditeurs qui ne pouvaient pas les comprendre davantage .

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