‹ Les légendes épiquesChapitre 134 sur 163 · Art. cité, p · texte numérisé non relu

Art. cité, p

372 LA i-Kr.KiNDE i)K haoi:l ijE cambrai

contée » ', un u soldal-lrouvère », dit M. Philippe Lauer^, et G. Paris ajoute : « A cette époque, ceux (pii livraient les combats savaient aussi faire les chansons. » Un seul critique s'est permis un doute, et c'est M. Gustave Lanson. Il dit grand bien de Bertolai, mais il met entre parenthèses une condition à l'estime ([u'il lui accorde; « si jamais Bertolai a vécu^ . » Pourquoi cette réserve en présence d'un témoignag-e formel? Peut-être M. G. Lanson s'est-il rappelé certains Bertolais de l'épopée grecque et de l'épopéi' latine. Par exemple, au chant VIII de l'Odyssée, ([uand Ulysse s'assied au foyer d'Alcinoos comme un hôte inconnu, l'aède Démodocos prend sa lyre. Ce (ju'il chante, c'est la querelle qui s'éleva dans un festin entre Achille et Ulysse. Ulysse l'entend redire cette aventure de sa propre vie^ : il se couvre le visage de son larg-e manteau de pourpre et pleure. Le témoignag'e d'Homère est formel : les hellénistes se ci'oient-ils pourtant tenus de croire que, du vivant même d'Ulysse, un « témoin oculaire » a chanté sa querelle avec Achille ? Est-on tenu dé croire que Dictys de Crète et Darès de Phrygie ont assisté au

Page 1