‹ Les légendes épiquesChapitre 137 sur 163 · G. Paris, art. cité, p · texte numérisé non relu

G. Paris, art. cité, p

iiSO LA LÉGENDE DE RAOUL DE CA.MUHÀl

je veux (lire il n'est pas difficile de dresser une liste des traits du poème conservé qui ne peuvent [)as avoir été introduits dans l'histoire de Raoul de Cambrai par un « témoin oculaire».

('Conçue au lieu même de la bataille, destinée à être entendue parceux mêmes qui y avaient pris part ' », il est clair que la chanson primitive était généraleliient véridique. Or, le remaniement de ce poème si chargé de réalité n'est plus, comme on le constatera, qu'un tissu baroque de coq-à-l'àne historiques. — Ce sont, nous assure-t-on, les altérations fatales de Ihistoire par la légende. — J'entends bien ; il est utile pourtant d'apprécier ici, (ce que tous ont jusqu'à présent négligé de faire), la g'ravité de ces altérations.

D'abord, il se peut que, en l'année 943, les hommes du Cambrésis ne se soient point battus contre ceux du Vermandois et que notre roman ne soit rien qu un roman. Qui donc, en effet, attaqua, en 943, les fils d'Herbert? — Ce fut Raoul, fils de Raoul de Gouy, dit Flodoard. — Ce fut Raoul de Cambrai, dit la chanson de geste. — Raoul de Gouy ou Raoul de Cambrai, dira-t-on qu'importe ? C'est un seul et même nom, écrit M. Longnon, « puisque Gouy était situé dans le pacfus ou comitntus Cameracensis, au milieu d'une région forestière, l'Arrouaise, dont les habitants 5ont présentés parle poète comme les vassaux du jeune Raoul de Cambrai » ~.

La chose semble aller de soi, en effet. Mais il y a

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