ESSAI DUNE INTERPRÉTATION NOUVELLE
Ogier, comme l'abbaye d'Aniane est le théâtre du f Moniage Guillaume, etc.
C'est un fait que le poète de Raoul de Cambrai dit avoir vu à Saint-Géri la tombe de son héros, comme on voyait à Saint-Romain de Blaye la tombe de Roland, à Belin celle d'Olivier, à Saint-Jean de Sorde celle de Turpin, à Fécamp celle de Richard de Normandie, à Pithiviers celle de Salomon de Bretagne, à Dortmund celle de Renaud de Montauban, à Berthem près de Louvain celle de son frère Aalart, à Mortara celle d'Ami et d'Amile, à Saint-Riquier celle d'Isembard, à Gellone celle de Guillaume d'Orange, à Saint- Honorat-des-Aliscamps celle de Vivien, etc.
C'est un fait que des foires attiraient deux fois l'an à Saint-Géri un grand concours de marchands et de pèlerins, comme en tant d'autres lieux où sont localisées des chansons de geste, comme à Saint- Denis en France, comme à Lagny, comme à Provins, comme à Saint-Riquier, etc.
C'est un fait que des jongleurs fréquentaient les foires de Saint-Géri, comme ils fréquentaient les foires de Champagne, celle du Lendit, etc.
C'est un fait que des chartes nous montrent en la comtesse Aalais une dévote de saint Géri et que le poète de Raoul de Cambrai la peint pareillement sous les traits d'une dévote de saint Géri. De qui a-t-il pu apprendre une telle particularité de la vie d'Aalais ? De Bertolai ? Ceux-là le croiront qui admettent que Guibour, femme de Guillaume d'Orange, a pu entrer dans la légende sans le concours des moines de Gellone, lesquels conservaient son nom dans
\\2 LA I.É(;ENL)E I)K RAOUL de CAMItRAI
leur cartulaire; — ceux-là le croiront qui estiment que Berthe, femme de Girard de Uoussillon, a pu entrer dans la légende sans le concours des moines de Pothières, lesquels vénéraient Berthe comme leur sainte; — ou ([u'Meluys, sœur de Garin le Lorrain, a pu entrer dans la légende sans le concours des clercs de Pithiviers, quelle avait eniùchis.