Chef-lieu de canton de rarrondissenient de Brignoles
(Var).
78 LA LÉOEiNDE DK OIRARD DE ROUSSII.I.ON
dont M. G. Doiicieux a ingénieusement tenté de retrouver la succession logique, il édifia ce nouveau récit :
Marthe et Marie, leur frère Lazare, Maximin et plusieurs autres disciples du Seigneur avaient émigré de Judée, débarqué à Marseille et s'étaient partagé l'apostolat des Gaules. Après une longue vie de pénitence, Marie av^it été ensevelie aux côtés de saint Maximin. Des siècles ayant passé, un jour, au temps de Carloman, Tévêque d'Autun, accompagné d'un de ses chevaliers, Aleaume, qui était frère d'Odon ^, abbé de Vézelay, vint faire une visite à ce monastère. Gomme Tévêqueparlaitdes mérites de sainte Marie-Madeleine, le chevalier Aleaume déclara qu'il avait vu et qu'il connaissait dès l'enfance le lieu de sa sépulture. Aussitôt l'abbé de Vézelay se jeta aux pieds de l'évêque et baisa les mains de son frère le chevalier et leur demanda avec larmes le corps de la sainte. Aleaume se mit donc en route, accompagné de moines et de chevaliers, et retrouva non loin d'Arles, mais dans un pays infesté de Sarrasins, le tombeau de la Madeleine et celui de saint Maximin. Malgré les Sarrasins, il réussit à enlever les corps saints et les apporta tous deux à Vézelay.
« Si bien combiné que fût ce récit, dit Mgr Duchesne les moines de Vézelay n'en avaient pas moins commis une grande imprudence en indiquant avec tant de précision le lieu de provenance de leurs reliques. Il y
1 . Le nom de cet abbé Odon a été fourni, semble-t-il, par le privilège que lui adresse le pape Jean VIII [Spicilège de d'Achery, t. II, p. 503).
avait là une attache toute préparée pour les revendications futures. Les Provençaux ne pouvaient laisser dire indéfiniment qu'on leur avait volé leur sainte. » Le jour vint, en effet, comme on sait, au temps de saint Louis, oîi les religieux du prieuré de Saint-Maximin soutinrent qu'on ne leur avait rien volé : à telles enseignes que, en 1279, ayant ouvert solennellement le sarcophage de leur église, ils y retrouvèrent le corps de la Madeleine au complet, sauf une jambe : de ce jour le culte de la Madeleine bourguignonne déclina. Mais je ne le considère ici qu'aux premiers jours de sa splendeur, et je reviens donc aux récits des moines bourguignons du xi'^ siècle.
4° Dans la relation que je viens d'analyser, ce n'était plus Girard, mais un évéque d'Autun qui avait eu la gloire de donner à Vézelay les saintes reliques ; si cet évêque remplaça Girard, ce fut, je suppose, grâce à quelque accalmie de la lutte entre le monastère et Tévêché, en un moment fugitif où les moines crurent expédient de placer le pèlerinage sous la protection de l'évêque d'Autun ; mais bientôt, ils en revinrent à Girard dans ce quatrième et dernier récit '.
<( Sous le règne de Louis le Pieux et de son fils Charles » et (pour plus de précision) « vers l'an 749 ^ », les Sarrasins désolaient la France. Le comte Girard, qui venait de reconstruire le monastère de Vézelay, ayant appris que sainte Marie-Marie-Madeleine avait