LA CO.NQUÈTE DE LA BRETAGNE PAR CIIAKLEMAGNE
batailles; son souci n'était pas d'enflammer ses auditeurs d'une ardeur guerrière et de les excitera la haine des « Barbarins » et des <( Norois » : secrètement et spirituellement, il s'appliquait à un autre dessein.
Ce qui frappe dès la première lecture, c'est que, entre toutes les chansons de geste, celle-ci est riche en données topographiques précises. Le poète conduit Charlemagne, par un itinéraire exact, d'Avranches au Mont Saint-Michel et à Dol ; puis, d'Aleth à Corseul, à Garhaix et au Méné-Hom. Mais surtout il décrit avec un détail singulier le coin de terre du Pou-Alet. On voit qu'il est du pays et qu il l'a visité en tous sens, au moment d'écrire son roman, prenant des notes, choisissant son terrain pour y établir les campements de Charlemagne et pour y disposer les cschieles de ses armées. Si nous l'y suivons, assistés de M. Joûon des Longrais, qui a composé un si ingénieux commentaire archéologique du roman, le conteur saura nous diriger tantôt sur les rives du Bidon ', tantôt le long de la Rance : il sait les endroits oîi elle est guéable et quelle est la violence du mascaret entre Aleth et Dinard - ; à l'entrée de la Uance, il nous montrera le rocher de Bizeux •' ; au large, l'île déserte d'Agot, en avant de la côte de Saint-Briac ''* ; et làbas, l'île de Cézembre ^. Il connaît le plus petit « rui-