LA CONQUÊTE DE LA BRETAGNE PAR CIIARLEMAGNE
région », et c'est lui (jui parle en leur nom. Le poète nous montre bien aux côtés du prélat (v. 71 et v. 749) un comparse qui, un jour, régnera sur le pays, Salomon,
Qui de Bretaig'ne tint puis la roiauté : Seignour en l'ut et roy tout couronné,
et peut-être le roman se terminait-il par une scène où Charlemagne et l'archevêque de Dol lui donnaient la couronne ^ Mais, pour l'instant, Salomon reste confondu dans la foule des seigneurs qui forment le cortège de l'archevêque, et presque sa mesnie féodale :
765 Trestuit estoient o le bon Ysoré,
Co'st l'archevesque de Doul, l'archevesché. 0 lui avoient ja long temps soujourné:
Chevaus et armes leur dounoit a planté.
Ces barons ne relèvent ni d'un « roi », ni d'un « duc de Bretagne » ; ils ne reconnaissent pour seigneurs (v. 106-9) que Dieu, Charlemagne et le pape ; et, si l'archevêque de Dol n'est peut-être pas, au sens propre du mot, leur suzerain, il est du moins leur chef à tous et leur guide :
716 Cil des Bretons est maistre et chevetaigne.
Ces chevaliers aux beaux noms armoricains, qui