Éd. Cipolla, p
2. Publié par Jacob Grimm et A. Schmeller (Gôttingen, 1838), par Josef Victor Scbeffel et Alfred Holder (Stuttgart, 1874), etc.
3. Voir le Grundriss der germanischen Philologie, publié sous la direction de Hermann Paul, 2'= éd., 1901, p. 81 el suivantes.
J. BÉDiER. — Les légendes épiques, t. II. 11
162 LES CHANSONS DE GESTE ET LES ROUTES d'iTALIE
vivre sous Attila ', comme dans le |3oème latin, et en même temps, parle plus singulier anachronisme, sous le roi dos Lombards Desiderius, en sorte que les critiques doutent si la chronique de la Novalese raconte les actes d'un seul ou de deux Waltharius. Quoi qu'il en soit, nous trouvons ici, on ne sait par quelle fortune, annexé au monastère de la Novalese, un personnag-e célèbre dans la poésie germanique, et je ne puis m'empêcher de penser que les clercs qui venaient en Italie, comme Albert de Stade, de l'Allemagne, devaient se réjouir, au passage du Mont Cenis, de retrouver à la Novalese ce personnage familier et de saluer sa tombe.
Or, le chroniqueur raconte que Waltharius, après une vie héroïque et belliqueuse, avait cherché un monastère où se retirer : il raconte sa conversion, et, chose singulière, le moniage de ce héros d'origine germanique ressemble à s'y méprendre au Moniage Guillaume, au Moniage Ogier. Gomment Waltharius éprouve les moines de la Novalese en faisant dans leur église sonner son bâton muni de sonnettes -, — l'apologue du jardin symbolique qu'il cultive 3, — comment il retrouve et reprend son Aaeux destrier, — comment il combat des bris^ands et défend contre
1. Selon le Chronicon Novaliciense (éd. Cipolla, p. 106), le monastère de la Novalese, fondé par une chrétienne, Priscilla, parente de Néron, avait été dévasté par les Vandales, puis par Attila.