‹ Les légendes épiquesChapitre 56 sur 163 · Ed. Cipolla, p · texte numérisé non relu

Ed. Cipolla, p

2. Tradunt antein nonnulli qiiod tribus iHcihus curn paysnis superirruentibus pugnaverit, atque, vicloriam ex illis capiens, ignominiose ab arvis expulerit.

3. La cronaca délia Novalesa e Vepopea carolingia [Bomanla, t. XXIII, p. 36).

4. Die allfranzôsische Wilhehnsage, Halle, 1896, p. 104 et suivantes.

iCii LES CHANSONS DE GESTE ET LES ROUTES d'iTALIE

thèse, nous devrons constater tout au moins que par deux fois, à Meaux et à Saiut-Guilhem-du-Désert, ces joca tnonac/ioruni se sont transformés en scènes de chansons de geste et nous devrons reconnaître à quel point l'humour des moines et l'humour des jong-leurs se ressemldaitMit ; ou bien, comme le veut M. Rajna, des chansons de g-este françaises avaient, dès le début du XI*' siècle, passé les Alpes, et le chroniqueur de la Novalese les exploitait.

Un autre héros partage avec Waltharius d'Aquitaine l'honneur d'être célébré par la chronique de la Novalese, et c'est Gliarlemao-ne.

Comme on montrait aux environs de l'abbaye la tombe de Waltharius, on y montrait aussi la tombe de Berthe, femme de Gharlemagne. (11 est à peine besoin de dire que Charlemagne n'a pas eu de femme qui soit morte là, ni qui se soit appelée Berthe.) Il était interdit aux femmes de pénétrer dans le monastère, et, sur la route qui y menait, une croix marquait la limite qu'elles ne pouvaient dépassera Tout auprès de cette croix, il y avait une chapelle de Notre-Dame (aujourd'hui de sainte Marie-Madeleine) -' et une maison où l'on hébergeait les pèlerines. Or, dit notre chronique, Charlemagne, quand il venait en Italie, avait coutume de séjourner à l'abbaye de la Novalese. Il y était venu une fois avec Berthe. Celle-ci, tourmen-

1. Les fondements de cette croix subsistaient encore en 166") (Cipolla, p. 126, n. 3).

2. Cipolla, t. II, p. 126 ; cf., au tome I, le plan du monastère.

LA NOVALESE 163

tée du désir de pénétrer dans le monastère, profita de ce que Charles était un jour aux matines avec les moines, et, déguisée, franchit la limite prescrite aux femmes. Venue aux portes de l'oratoire de Saint- Pierre, elle tomba morte. Charles fit reporter son corps k l'église Notre-Dame, auprès de la croix qu'elle n'aurait jamais dû dépasser, et l'y ensevelit à grand honneur. Puis il quitta le monastère après l'avoir comblé de riches présents ^

Le chroniqueur nous rapporte de Charlemagne une seconde histoire, intéressante parce qu'elle nous enseigne ses procédés d'historien :

« Aprèsla mortde Pépin, écrit-il, Charles, sonfils, régna. Les Sarrasins envahirent son territoire et le dévastèrent. Aussitôt Charles envoya des ambassadeurs au roi Liutprand, lui demandant de venir à son secours en Gaule avec les Lombards. Les Francs unis aux Lombards expulsèrent les Sarrasins. Peu après mourut le glorieux roi Liutprand et à sa place Désier devint roi. La femme de Désier s'appelait Anza ^. »

Ce récit est tiré de Paul Diacre [Hisioria Lonffohardoriim, lib. VI, cap. 32, 33, 37), Mais, chez Paul Diacre, ce n'est pas Charlemagne qui mande Liutprand, c'est Charles Martel. En ajoutant au texte de Paul Diacre les mots « après la mort de Pépin », le chroniqueur de la Novalese a transformé Charles Martel en Charlemagne. De plus, il a considéré Désier

Page 1