Éd. Cipolla, p
17 i LES CHANSONS DE (ÎESTE ET LES ROUTES d'iTALIE
prand, Paul Diacre surtout'. Il a exploité ces livres largement, mais (nous l'avons marqué par un exemple pris à Paul Diacre) de la façon la plus libre et la plus fantaisiste-. Son récit de la guerre de Lombardie, il a dû le prendre aussi là où il était le plus naturel qu'il le prît, dans une chronique latine, et traiter son modèle avec sa fantaisie coutumière. Ce modèle pouvait être l'une quelconque des chroniques carolingiennes, ou plusieurs à la fois, mais de préférence, je crois, la Vita Hadriani papne, qui se lit dans le Liher Pont'ificalis. « L'influence du Liber Pontificalis sur la littérature historique du moyen âge, écrit Mgr Duchesne, est comparable à l'influence de la papauté dans le monde politique du même temps... C'est l'un des trois ou quatre livres historiques qui formaient le fond indispensable de toute bibliothèque épiscopale ou conventuelle'^. » En fait, nous savons que le chroniqueur de la Novalese connaissait le Liber Ponii/iealis et qu'il lui a fait des emprunts 4. Il y a donc indication qu'il a pris là, dans la Vita Hadriani, les lignes générales de son récit de la guerre de Lombardie. Mais il y a inséré trois épisodes de couleur épique : l'historiette du jongleur guide des Francs, l'aventure de la fille de Désier amoureuse de Charle-
1. Voyez, sui" les sources écrites du C/i/'on/co/î Xnvnliciensr, les notes de l'édition Bethmann et celles de l'édition Cipolla, notamment aux pages 108, 110, Ml, 127, 109, 170.
2. M. J. Roman [art. cité) a fait un relevé sommaire de ses principaux coq-à-Fâne historiques.