Voir Cipolla, t. II, p. 178, n. l
2. Voir la description de ces deux routes dans une note de M. Cipolla, t. II, p. 174.
17G LES CHANSONS DE GESTE ET LES ROUTES d'iTALIE
mots local *, elle fait partie du blason populaire de la région plutôt (ju'elle ne tire son origine de chants lombards du viii'' siècle. Nous sommes ici en présence d'une légende topographique.
Si Ton en vient maintenant à considérer l'histoire de la fdl'e de Désier, qui, amoureuse de Gharlemagne, lui ollVe de lui ouvrir par trahison les portes de Pavie, et q^ui meurt pour avoir trahi, a elle rappelle, écrit G. Paris-, l'histoire de Tarpeia et surtout celle de Scylla, la fille de Nisus, dans l'antiquité ». Sans doute ; mais, comme la remarqué M. Cipolla '% elle rappelle aussi une histoire racontée par Paul Diacre ^. Bien mieux, si l'on compare le texte du chroniqueur de la Novalese à celui de Paul Diacre, on constate le plagiat. Chez Paul Diacre, Romilda, femme du duc Gisulf, assiégée avec son mari dans Cividale, s'éprend, à le voir du haut des murailles, du jeune roi Avare qui ravage son pays. Elle lui otfre par un messager de lui ouvrir de nuit les portes de la ville, s'il consent à la prendre pour femme. Il promet, elle lui livre la ville, qu'il met à feu et à sang. Alors elle réclame du vainqueur l'exécution de sa promesse. Il tient celte promesse en elTet ; il prend Romilda une nuit pour sa femme ; puis il la livre au plaisir de huit de ses hommes ; enfin il fait planter un pal au milieu de son
1. Voir sur ce thème de folk-lore, les Deutsche Rechlsallerthûnier de Jacob Giimm, 4"^ éd., publiée par Ileusler el Hûbner, t. I (1809), p. 114-130.