‹ Les légendes épiquesChapitre 8 sur 163 · P. Meyer, Romania, t. VII, p · texte numérisé non relu

P. Meyer, Romania, t. VII, p

poème héroïque, la Vie laline du comte Girard, qui est un écrit de couvent, sont deux dérivés, indépendants l'un de Fautre, dun plus ancien poème perdu. Il va de soi que le pieux auteur de la Vie latine a dû ajouter au poème primitif des épisodes pieux, et le romancier des scènes romanesques : par exemple, au début du poème, l'ambassade de Girard à Constantinople pour y chercher les deux princesses. Mais ce double catalogue de leurs inventions récentes n'est pas ce qui nous intéresse. « Il est incontestable, a fort bien dit M. P. Meyer, que tous les traits que les récits de la chanson renouvelée auront en commun avec la Vie latine devront être considérés comme appartenant orig-inairement au poème primitif, d'où ils seront passés à la fois dans la Vie latine et dans le poème renouvelé. » Attachons-nous donc, avec plus d'application que nos devanciers, à l'examen de ces traits communs : cet effort nous conduira peut-être à une représentation nouvelle de ce que pouvait être le poème primitif.

a) La topographie de la légende.

Considérons les renseig-nements topographiques donnés par le moine et par le poète. Les remarques qui vont suivre sembleront d'abord futiles en leur minutie; on reconnaîtra bientôt, j'espère, qu'elles ne le sont pas.

D'après la chanson renouvelée (§§ 126, 132, etc.), l'une des grandes batailles de Girard contre Charles, celle où se produit le miracle desgonfanons embrasés, eut lieu « dans les plaines de Valbeton » ; d'après la

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En\ irons de Chàtillon-s. -Seine et de ^'L■zelaA■.

[Mon ami M. Lucien Gallois, a bien voulu dresser pour moi cette carte, ainsi que les autres cartes c/ue l'on trouvera dans cet ouvrage. Je lui en exprime ici ma reconnaissance.)

M/a, au même endroit [in vallc videlicel Bctiin) ; mais le moine précise : il ajoute que ce lieu se trouve « entre la montagne de Vézelay et le village de Pierre-Perthuis, » lequel se voit sur toutes les cartes à une lieue au sud de Vézelay. D'autre part, comme on ne voit sur aucune carte aux environs de Vézelay aucun nom qui ressemble à Valbeton, on pouvait croire (et un savant allemand a même échafaudé sur cette opinion tout un système) que cette localisation de Valbeton auprès de Vézelay était le fait du moine • ; elle ne serait pas primitive, mais récente et tendancieuse. Par malheur, on a fini par retrouver ce très authentique Valbeton. M. Léon Mirot ^ a découvert, dans un terrier de l'hospice de Vézelay, datant de la première moitié du xix*^ siècle, « la mention de certains biens sis au climat (c'est-à-dire au lieu-dit) de Vaiiboiilon, du finage de Saint-Père-sous-Vézelay. L'atlas cadastral de cette dernière commune permet de préciser davantage : le climat de Vaubouton y est indiqué sur la rive gauche de la Cure, dans la section de P'oissy » ^. En outre, « non loin de Vaubouton, le cadastre mentionne un autre lieu-dit, le Charnier, déjà indiqué sous ce nom en 1579, et où l'on met fréquemment à

1. Pourlant, la chanson {^ 141) marque déjà que Valbeton est dans le voisinage d'Avallon, donc de Vézelay.

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