Édition, de Halle, p
veiiçaux ou français ; — parce que la plus ancienne version italienne fait du vielleur de Lucques un Français ^ ; — et parce que d'ailleurs il n'y avait guère en Toscane, au xii*' siècle, d'autres jongleurs que des Français.
Imaginée en France, il semble au premier abord que cette légende ait pu être imaginée dans une province quelconque de la France : certes, il faut que son inventeur ait su que le saint Vou, contrairement à l'usage des Christs en croix, portait des souliers ; mais il a pu l'apprendre sans y être allé voir, et partout ailleurs à Lucques "^.
Voici pourtant un trait qui nous ramènera vers Lucques et vers la via Francigena pour y chercher le point de formation de la légende.
Le héros du récit est à l'ordinaire un ménestrel qui n'est pas nommé ; mais, selon deux textes, c'est saint Genès. Dans un chansonnier provençal, une chanson pieuse est attribuée à (( Geneys, lojoglar a cuij lo Voutz de Lucas donet lo sotlar -^ » . Dans le prologue ^ d'un poème de la Venjance Nostre Seigneur, composé dans le Hainaut au xiu'^ siècle, il est raconté tout au long
co ment « Jenois,
« uns gentis menestrés Qui ne vivoit sans plus que de chanter »,
1. Voir Fôrster, p. o3 \Juvenis quidam de partihus Galliae); ul'. p. o7.
2. Il y avait d'ailleurs en France plusieurs crucifix faits à l'instar du Santo Volto (voir Fôçster, p. 24, p. 49).