‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation de chansons de gesteChapitre 118 sur 161 · Chapitre clviii de l'édition Wright · texte numérisé non relu

Chapitre clviii de l'édition Wright

J. Bbdibr. — Les légendes épiques, t. II. 20

pour y terminer ses jours. Il y dépose son épée et ses armes; son destrier, il l'emploie à charrier des pierres pour la construction de l'église. Quelques années plus tard, les Sarrasins envahirent la France et mirent le siège devant Meaux. Tous les jours douze de leurs champions venaient provoquer les Français au combat. Ogier obtint de son abbé .la permission de répondre à leur défi. Mais on ne trouva pas de cheval assez fort pour le porter, hormis celui qu'il avait amené avec lui au monastère et qui le salua de ses hennissements. Ogier prend ses armes, attaque les Sarrasins à l'insu du roi Louis et tue ses douze adversaires, il appelle au cri de Montjoie! les Français à la bataille. Après une victoire complète, il retourne au monastère de Saint-Faron, que le roi Louis enrichit par d'importantes donations 4 .

« Dans ce récit, écrit M. Voretzsch avec justesse -, tout est clair et cohérent. On voit maintenant pourquoi on est obligé dans la Chevalerie Ogier d'aller chercher précisément à Meaux le cheval d'Ogier, et pourquoi Ogier, bien que le roi lui ait donné en fief le Hainaut et le Brabant, est enterré à Meaux. Gomme chez Neckam tout est logique et harmonieux, tandis que dans la Chevalerie Ogier tout est discordant et inintelligible, on ne peut admettre que Neckam ait tiré son récit de la Chevalerie Ogier. »

D'où Ta-t-il donc tiré? Il est facile de le reconnaître : d'une vie latine de saint Ogier, autre que la Conversio. On le voit au fait que son anecdote est à la gloire d'Ogier

1. Alexandre Neckam termine par cette singulière et belle légende : « Dominus aulem Jésus ipsum in vita sanctissima diu conservavit incolumen, usque adeo ut in dulci senio in coriis cervinis sanctissime vivens consueretur. Obdormivit au te m in Domino dux inclitus, monachus sanctissimus.

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