G. Paris, Histoire poétique, p. 41 et p
dès le ix e siècle, sans qu'il y ait un rapport de filiation entre elles et les romans français du xu e siècle.
5° Ou bien enfin, ces chansons ou ces légendes du ix e siècle, exploitées au ix e siècle par le Moine de Saint- Gall, tudesques ou romanes, n'ont pas cessé de se transmettre et de se développer à travers les âges, et finalement elles ont abouti au xni e siècle à la Chevalerie Ogier.
Entre ces quatre explications, condamnées par leur nature à rester toujours hypothétiques, comment choisir? Je ne choisirai pas pour l'instant. Le témoignage du Moine de Saint-Gall peut signifier, mais ne signifie pas nécessairement qu'Ogier est entré dans la légende de plain-pied, dès l'époque carolingienne, par l'œuvre de poètes populaires et qu'il y a continuité de ces formations légendaires de l'époque carolingienne aux romans du xm e siècle *. Nous inclinerons à donner ou à refuser cette signification à l'anecdote du Moine de Saint-Gall selon que, venu au terme de nos enquêtes, nous aurons ou non constaté que d'autres personnages historiques ont été célébrés par la poésie depuis le temps de Charlemagne jusqu'au xni e siècle. Réservons donc notre jugement sur le récit du Moine de Saint-Gall et reprenons notre route.
1. Voyez, au t. I de cet ouvrage, p. 160-171, notre discussion sur le cas d'Aimer.
LA LÉGENDE
DE