Acta. sanclorum Bolland., t. Vil de juillet, p
3. Cf. dans le Cartulaire général de l'Yonne, t. I, p. 423-4, une charte de 1147, où il est question d'une « domum Marjot in atrio montis Lasso nis silam ».
b) Que la légende ria pu se former qu'à Vézelay et à Pothières.
Que Ton se rappelle maintenant quelle place tient, dans la chanson de geste aussi bien que dans la Vita, ce château de Roussillon toujours convoité par le roi, pris par lui, repris par Girard, reconquis par le roi, puis par Girard encore ; et combien de batailles sont livrées sous ses murs, dans les « plaines herbues », ou sur le sable des rives de la Seine, entre le mont Lascon et Châtillon ; qu'on se rappelle que ce château est l'orgueil et l'amour de Girard et de Berthe ; qu'il est la dernière de leurs places fortes qui résiste à Charles, la première où ils rentrent après leur exil ; que c'est là qu'ils voient naître leurs enfants, là qu'ils les perdent, là qu'ils choisissent Dieu pour leur héritier, — et qu'on se demande pourquoi, la France étant grande et la Bourgogne vaste, l'auteur de la chanson de geste a choisi précisément ce coin de terre, à deux kilomètres de l'abbaye de Pothières.
Mais, a-t-on dit 1 , « on ne trouve aucune mention de Pothières dans la chanson de geste. » Cela est vrai matériellement, en ce sens que le poète ne désigne jamais cette abbaye par son nom ; mais il parle d'elle pourtant, par deux fois. Au § 672, Girard, déclarant qu'il veut fonder des monastères et rappelant le meurtre récent de son fils, dit : « Dans la vallée de Roussillon, là sera enterré notre fils, et nous auprès. » Le poète savait donc que dans l'église de l'abbaye de Pothières trois tombes entouraient le maître-autel : celle de Girard, celle de