‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation de chansons de gesteChapitre 135 sur 161 · G. Paris, ibidem · texte numérisé non relu

G. Paris, ibidem

Qui donc, en effet, a attaqué, en 943, les fils d'Herbert? Raoul, fils de Raoul de Gouy, dit Flodoard; Raoul de Cambrai, dit la chanson de geste. Raoul de Gouy ou Raoul de Cambrai, qu'importe? C'est un seul et même nom, nous assure-t-on, « puisque Gouy était situé dans le pagus ou comitatus Cameracensis, au milieu d'une région forestière, TArrouaise, dont les habitants sont présentés par le poète comme les vassaux du jeune Raoul de Cambrai 1 .

La chose semble aller de soi, en effet. Mais il y a plusieurs Gouy dans le nord-est de la France,, dont Gouysous-Bellonne 2 , situé dans l'Ostrevant (Pagus Ostrebanti), c'est-à-dire dans le pays entre la Scarpe et l'Escaut, dont les villes principales étaient Douai et Mortagne-sur-rEscaut.

Or, s'il faut en croire M. Léon Vanderkindere, en son ouvrage récent sur la Formation territoriale des principautés belges 3 , c'est ce Gouy-en-Ostrevant et non pas Gouy-en-Arrouaise que Flodoard désigne lorsqu'il parle du Raoul tué en 943 par les fils d'Herbert, et de son père Raoul de Gouy, mort en 926.

« En effet », écrit M. Vanderkindere, « Flodoard rapporte 4 que, en 92S, Hugues le Grand, en concluant un traité avec les Normands, en exclut la terre des fils de Baudouin (c'est-à-dire la Flandre, le Boulonnais, le

i. A. Longnon, p. xvi.

Page 1