‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation de chansons de gesteChapitre 142 sur 161 · Cameracum christianum, p. ix · texte numérisé non relu

Cameracum christianum, p. ix

2. AA.SS. Bolland., 11 août, p. 687. Cf. une interpolation relative à ces foires dans la Vita II (SS. rer. merov., t. III, p. 657).

une fête spéciale qui s appelait la Fête des jongleurs : « In solemnitate beatissimi Gaugerici pro festo nuncupato Joculatorum, quod fit feria V post octavum Paschae 1 . »

Or, le jongleur qui a rimé Raoul de Cambrai (ou celui dont il remaniait le poème) avait fréquenté cette foire et l'église elle-même. Non seulement il sait et s'adresse à un public qui sait que Raoul est « enterré au mostier » :

3721 Sa sepouture sevent bien li auquant ;

mais encore il se rend exactement compte des titres et qualités des ecclésiastiques de Saint-Géri :

3545 Li saige clerc i font le Dieu mestier.

3718 L'evesque chante la messe hautement.

3808 La messe escoutent de l'evesque Renier.

Il sait, comme on voit, que le « mostier Saint-Geri » n'est pas une abbaye proprement dite, mais plutôt un chapitre, une réunion de clercs séculiers [li saige clerc) vivant en commun, un collège de prêtres prébendes par l'évêque de Cambrai.

D'autre part, Aalais, avons-nous dit, est un personnage historique. Gomment le savons-nous, Flodoard (on ne saurait en être surpris) ne l'ayant pas nommée ? Si nous savons qu'elle a vécu, c'est par deux, documents provenant d'églises de Cambrai. Une liste des bienfai-

1. AA.SS. Bolland., ibidem. On y lit une lettre d'un secrétaire de l'archevêque de Cambrai, datée du 8 août 1734. Il dit avoir trouvé la mention de cette fête, ignorée des plus anciens rituels, dans un ordinaire écrit de plusieurs mains au xv e siècle. Il ajoute : De joculatoribus nihil habeo certi quod proférant.

ESSAI d'cNE INTERPRÉTATION NOUVELLE 383

teurs du chapitre de l'église cathédrale de Cambrai, dressée vers 1190 *, dit :

Alaidis co mi tissa dédit nobis dimidiam partem de Bairi * et alteram dimidiam ad custodiam ecclesie nostre.

L'autre document nous intéresse plus directement encore. L'évêque de Cambrai, Liébert, mort avant 1070 3 , y relate les donations faites antérieurement au chapitre de l'église collégiale de Saint-Géri 4 :

Notum sit omnibus fidelibus ecclesiae Liebertum, gratia Dei Cameracensem episcopum, ea quae ad usus fratrum in ecclesia beati Gaugerici quidem servienlium, partim a reliquis fratribus, post liberalem elemosinae benignitatem a Lothario, item a Lothario et Carolo regibus factam, et a Johanne papa auctoritate apostolica confirma ta m, tradita sunt, hujus cartae testimonio ne a memoria excidant cornme nd a s se et episcopalis privilegio dignitatis ne ab aliquo diripiantur légitime laborasse. Tradidit itaque ad usus fratrum praedictoru'm Adelaidis pro sua filiique sui comitis Radulphi anima villam quae dicitur Conteham 5 et quae ad eam pertinetarabilem terram; cornes Ybertus, Torci •; Heribertus dimidiam culturam Mainsendis 7 ; Gislanus... A loris... Walterus, etc..

Page 1