‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation de chansons de gesteChapitre 147 sur 161 · Arr. de Vervins, cant. d'Hirson · texte numérisé non relu

Arr. de Vervins, cant. d'Hirson

2. Vie de saint Cadroe, § 23 : « Praedicta matrona [Hersendis], sancto ardens desiderio, exceptis his quae commemoravimus locis, locum quemdam Bucceleum nomine a fundamentis in honore S. Pétri erexerat atque ad Deo serviendum virginum chorum ibidem aggregaverat. » Récit d'une visite de Cadroe à ce couvent : il y délivre une religieuse possédée du démon.

3. Cartulaire de Bucilly (Bibl. nat., lat. 10121, fol. 2) ; la pièce qui nous intéresse se trouve au mot Bucilly dans le Dictionnaire de l* Aisne de Melleville. En voici les passages essentiels : « Privilegiurn de domino Eilberto, Viromandensi comité. Ego, Bartholomaeus, Deigratia Laudunensium episcopus. Quia seculo senescente eu ne ta simul deûciunt... Eapropter notum fieri volumus

On est donc, à Waulsort, à Homblières, à Saint- Michel, à Bucilly, en présence de traditions de moines, qui, par erreur ou à bon escient, confondent Ybert et son suzerain.

Si nous revenons maintenant à la chanson de geste, nous y remarquerons d'abord deux traits singuliers, d'où il résulte, semble-t-il, que le poète connaissait ces traditions erronées de moines et qu'il s'y intéressait.

Pourquoi Ybert y est-il appelé « de Ribemont »? « Rien ne s'oppose, écrit M. A. Longnon, à ce que le château de Ribemont, situé sur la rive gauche de l'Oise, à six kilomètres de l'abbaye d'Origny et à neuf kilomètres de l'abbaye d'Homblières, ne fût réellement le

ta m futuris quam praesentibus quod inter aliarum ccclesiarum privilégia que ob sui vetnstatem pêne deperierunt, in conspectu generalis synodi preceptmus offerri et rescribi, rescripta sigillo nostro firmari, firmata coram personis adstantibus recitari. Inter au te m privilégia unum erat vetuslissimum sub nomine Exlberti Virornandensis cornitis, ejusdem Buccelliensis ecclesie fundatoris conscriplum, quod propter auctoritatem ejusdem fundatoris diligentius audiri et ipsius continentiam p resenti scripto fecimus inseri. Ipse quippe cornes, ob remedium anime suae et predecessorum suorum, instinctu uxoris suae Gertrudis, fundavit, ecclesiamde veteri Buciliaco, in allodio suo... S. domini Bartholomei episcopi, qui hocscriptum ûerijussit. Actum Laudini in generali synodo et conflrmatum anno incarnati verbi M. C. XX. » Sur quoi A.Giry écrit: « Ce renouvellement fait en plein synode de Laon en 1120 prouve que l'abbaye de Bucilly fut fondée par le comte Eilbert (Albert) de Vermandois... A la vérité nous savons que la femme du comte Albert I er s'appelait Gerberge et non Gertrude ; mais il est supposable que Terreur provient du copiste du cartulaire de Bucilly ou plutôt du scribe de la charte de l'évêque de Laon, qui avait sous les yeux un document en mauvais état, ainsi que le dit la charte : « Antiqua privilégia que ob sui vetustatem pêne deperierunt. »

chef-lieu de son fief 1 . » Que Ribemont ait été le cheflieu de son fief, c'est une hypothèse 2 ; que le Ribemont de la légende héroïque soit à neuf kilomètres seulement de l'Homblières de la légende monastique c'est un fait.

De même, pourquoi l'un des comparses du roman, Herbert, fils d'Herbert de Vermandois, est-il appelé Herbert « d'Hirson »?

2029 Ja est siens Ireçons

Et de Tieraisse tient les plus forts maisons ; 11 tient bien trente que chastiaus que donjons.

Pourquoi, entre ces trente châteaux et donjons, le poète a-t-il choisi précisément Hirson ? Si Ion songe que le comte Herbert II possédait, outre le Vermandois, des pays très vastes et que, s'il avait voulu concéder un domaine à son fils Herbert, le futur comte de Meaux, il avait le choix entre une cinquantaine d'autres châteaux plus considérables qu'Hirson 3 , il apparaît comme hautement improbable qu'Hirson ait jamais été la résidence réelle de notre personnage. Or, cet Hirson de la légende des jongleurs est à trois kilomètres seulement du Saint- Michel-en-Thiérache delà légende des moines.

Ces deux coïncidences, si elles ne sont pas fortuites,

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