Je les exposerai en une autre étude
« le héros national de la marche de Bretagne », c'est un étranger que les gens de la marche de Bretagne auront choisi pour leur « héros national » : soit par simple fantaisie, soit pour avoir lu le texte d'Einhard à contresens.
Pour résumer cette discussion, il nous semble que le vieil historien de la Bretagne, d'Argentré *, a dit, il y a plus de trois siècles, le dernier mot sur l'historicité de la légende à'Aiquin, le jour où, sans souci d'Incon, ni de Wicohen, il exprima cet avis sage, et donc méprisé : « Ce ne sont que pures fables et véritablement bourdes et bayes, car oncques ne fut en Bretaigne un Aiquin, oncques Charlemaigne n'entra en Bretaigne. »
La composition du roman d'Aiquin.
Ces fables, ces bourdes et ces bayes, renonçons à les guinder vers la dignité de l'histoire. Elles y gagneront. Pour nous y plaire, il n'est que de bien démêler pourquoi le poète du xu e siècle les a imaginées.
Il a combiné de longs récits de guerre : mais froids et sans beauté. Ses Sarrasins et ses chrétiens se battent sans trêve ; il est visible pourtant qu'ils s'acquittent de leur tâche, avec conscience sans doute, mais comme d'une corvée ; sous les mêmes noms ou sous d'autres noms, ces héros ont déjà si souvent accompli les mêmes