V. 1461 etc
connaît le plus petit « ruicel qui court vers la cité ! » ; il nous apprendra à distinguer le Terren 2 du Marais ; d'Aleth à la mare Saint-Coulman, il saura nous désigner par leurs noms les églises et les chapelles.
Mais pourquoi cette précision? Voulait-il ménager à M. Joùon des Longrais et aux archéologues locaux la joie de leurs jolies identifications topographiques ? Était-ce chez lui goût de la géographie pittoresque ?
Pour proposer une explication meilleure, il faut se rappeler que d'autres écrits du moyen âge font évoluer les preux compagnons de Charlemagne sur un terrain décrit avec la même précision, le Pseudo-Turpin saintongeais autour des églises de la Guyenne et du Poitou y le Pseudo-Philomena dans la région de l'abbaye de La Grasse ; il faut se rappeler que ce sont là des écrits tendancieux, composés pour le profit de ces églises et de ces abbayes, — et, reprenant le roman d'Aiquin, il faut y considérer le rôle de l'archevêque de Dol.
Il est, avec Charlemagne, le principal personnage du roman. Charlemagne vient lui porter secours ; mais il y a des années que l'archevêque, à la tête des seigneurs bretons, défend la terre de Charlemagne; sans lui (v. 144etss.), il y a beau temps que les païens l'auraient envahie ; Charlemagne est donc son obligé. Aussi est-ce droit vers sa cité de Dol que l'empereur, entrant en Bretagne, se dirige d'abord : l'archevêque le reçoit entouré des « princes de la région », et c'est lui qui parle en leur nom. Le poète nous montre bien aux