MONTMÉLIAN
L'itinéraire d'Albert de Stade porte : « Mon Milian. In hoc castello dicitur Carolus captivatus. »
150 LES CHANSONS* DE GESTE ET LES ROUTES D'iTALIE
D'autre part, un chroniqueur du xm e siècle, Jacques d'Acqui ! , raconte, sans doute d'après une chanson de geste française, une captivité de Charlemagne dans % un château sarrasin. L'empereur a été fait prisonnier tandis qu'il chassait dans une forêt ; il s'est fait passer pour un simple fauconnier et les Sarrasins ne l'ont point reconnu. Mais les douze pairs, avertis, se déguisent en moines, portant des armes sous leurs frocs, traversent de nuit la forêt, parviennent grâce à leur costume jusqu'aux portes du château, s'en emparent et délivrent leur seigneur. Or, ce château, Jacques d'Acqui l'appelle Castellum Montis Miliantis. Il le place, il est vrai, dans une toute autre région, et c'est, comme on verra, près de Tortone. Il est vraisemblable qu'Albert de Stade et Jacques d'Acqui connaissaient un même récit de la captivité de Charlemagne à Montmélian. L'existence de ce poème dès la fin du xn e siècle est attestée par ce passage où Guiraut de Cabreira reproche à son jongleur « d'oublier Montmélian où Charles fut mis en prison » :
« Monmelian
Vas oblidan
Ou Caries fos mes en preizon *. »
Ëtait-ce, dans ce poème, Montmélian en Savoie ? Ce qui est sûr, c'est que les pèlerins du xm e siècle le croyaient.
1. Chronicon ymaginis mundi, dans les Monumenta historiae palriae, Scriptores, t. III, col. 1505-6.
2. Passage cité par M. P. Meyerdansla Bibliothèque de ? École de$ Chartes, 1867, p. 36.
LA NOV ALESE "' 151