‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation de chansons de gesteChapitre 50 sur 161 · Ibid. % p · texte numérisé non relu

Ibid. % p

156 LES CHANSONS DE GESTE ET LES ROUTES D'iTALIE

son vieux destrier, — comment il combat des brigands et défend contre eux ses famulàires^, — comment il lutte par surcroit contre des Sarrasins qui ont envahi la région 2 , etc., toutes ces histoires qui nous sont racontées de Guillaume d'Orange, moine d'Aniane, oud'Ogier, moine de Saint-Faron de Meaux, le sont aussi de Waltharius, moine de la Novalese. Quelle explication en donner? Selon M. Pio Rajna 3 , c'est que des jongleurs français ont porté à la Novalese leurs chansons de geste. Selon M. Ph.-A. Becker 4 , c'est qu'une collection d'historiettes cléricales a circulé au x e siècle en France et en Italie, s 'appliquant en des cloîtres divers à des héros divers, sans qu'il convienne de supposer que les moines de la Novalese aient connu des poèmes français. Les deux thèses ont été défendues avec une égale maîtrise. Qu'il suffise de renvoyer le lecteur à ces deux discussions : il y verra combien le problème est délicat et que peut-être il est insoluble. Entre les deux solutions offertes, il choisira, s'il l'ose. Pour ma part je dirai seulement : Ou bien, comme le veut M. Becker, le chroniqueur de la Novalese, composant l'histoire de la vie monastique de son Waltharius, ne connaissait que des anecdotes de couvent, de simples joca monachoruyi ; en cette hypothèse, nous devrons constater tout au moins que par deux fois, à Meaux et à Saint-Guilhem-du-

Page 1