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Éd. Cipolla, p

166 LES CHANSONS DE GESTE ET LES ROUTES d' ITALIE

Pour composer son ouvrage, il a utilisé en effet des livres latins, en grand nombre : Jordanes, Liudprand, Paul Diacre surtout *. Ces chroniqueurs, il les a exploités largement, mais (nous l'avons marqué par un exemple pris à Paul Diacre) de la façon la plus libre et la plus fantaisiste 2 . Son récit de la guerre de Lombardie, il a dû le prendre aussi là où il était le plus naturel qu'il le prît, dans une chronique latine, et traiter seulement son modèle avec sa fantaisie coutumière. Ce modèle pouvait être Tune quelconque des chroniques carolingiennes, ou plusieurs à la fois, mais, de préférence, je crois, la Vita Hadriani papae, qui se lit dans le Liber Pontificalis. « L'influence du Liber Pontificalis sur la littérature historique du moyen âge, écrit Mgr Duchesne, est comparable à l'influence de la papauté dans le monde politique du même temps... C'est l'un des trois ou quatre livres historiques qui formaient le fond indispensable de toute bibliothèque épiscopale ou conventuelle 3 . » En fait, nous savons que le chroniqueur de la Novalese connaissait le Liber Pontificalis et qu'il lui a fait des emprunts 4 . Il y a donc indication qu'il a pris là, dans la Vita Hadriani, les lignes générales de son récit de la guerre de Lombardie. Mais il y a inséré trois épisodes de couleur épique : l'historiette du jongleur guide des Francs, l'aventure de la fille de Désier amoureuse de

1. Voyez sur les sources écrites du Chronicon Novaliciense les notes de l'édition Bethmann et celles de l'édition Gipolla, notamment aux pages 108, 110, 111,127, 169, 170.

2. M. J. Roman (art. cité) a fait un relevé sommaire de ses principaux coq -à -l'âne historiques.

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