‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation de chansons de gesteChapitre 55 sur 161 · Hist. Longobardorurn, liv. IV, p · texte numérisé non relu

Hist. Longobardorurn, liv. IV, p

LA NOVÀLESB 169

xi c siècle, c'eût été plus malaisé. Aussi l'a-t-il simplement copié de YHi&toire de Paul Diacre, comme le prouvent quelques coïncidences verbales entre les deux textes. Il s'est borné à feindre que la traîtresse était la fille du prince assiégé, et non sa femme, par respect pour la reine Anza, femme de Désier, et bienfaitrice des églises de Brescia ; et d adoucir le dénouement, par respect pour Charlemagne, bienfaiteur de l'abbaye de la Novalese.

Dès lors, étant assuré qu'il était un lecteur de Paul Diacre et qu'il lui a emprunté cette légende violente, est-il téméraire de supposer qu'il a imaginé, à l'imitation des récits barbares de Paul Diacre, les anecdotes relatives à Adelchis? 11 se le représente comme un géant, de la façon la plus banale du monde : son Adelchis manie une massue monstrueuse, comme Rainoart au tinel ou comme Hercule; il est un mangeur formidable, comme Guillaume d'Orange, comme Ogier, comme Hercule encore, comme Gargantua, et d'ailleurs comme tous les géants. La légende des bracelets à la pointe de la lance a plus de caractère et c'est avec raison qu'on l'a rapprochée du plus ancien fragment conservé de la poésie épique de Germanie : le chant de Hildebrant x . Mais c'est ici un de ces thèmes épiques qui, une fois inventés, circulent par les pays : et les bracelets de la lance d' Adelchis rappellent aussi bien les deniers que les barons Hérupés attachèrent au bout de leurs lances.

En résumé, les légendes carolingiennes de la Novalese ne supposent pas nécessairement, à mon sens,

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