Remarquer la forme française du nom
4. Muratori, Rerurn italic. scriptores, t. VII, p. 406. Cf. Rajna, art. cité, p. 50.
5. Publié par Kôlbing, pp. xevu ss. de son édition d'Amis and Amiloun (Altenglisclie Bibliothek, II), Heilbronn, 1884.
6. On en connaît un manuscrit du xn e siècle (Kôlbing, p. xevi). Plusieurs critiques attribuent la Vila au xi* siècle ; je ne sais sur
MORTABA ET PAVIE 173
le bien des églises de Mortara *, précise de la sorte : Ami et Amile étant morts dans la bataille où Désier fut vaincu, Charlemagne, alors occupé au siège de Pavie, voulut honorer leur mémoire. Sur le conseil de saint Albin, évêque d'Angers, prélat qui suivait son armée, il fit construire, aux lieux où ils étaient morts, deux églises, sous le vocable, l'une de saint Eusèbe de Verceil, l'autre de saint Pierre. Il fit apporter de Milan deux sarcophages de pierre pour les deux compagnons ; Amile fut déposé dans l'église Saint-Pierre, Ami dans l'église Saint-Eusèbe. Mais, le lendemain, par un miracle de Dieu, on retrouva les sarcophages réunis dans l'église Saint-Eusèbe. L'évêque Albin établit dans cette église des prêtres, des diacres et des clercs chargés de la garde des deux corps saints. Il n'est pas dit expressément, mais on comprend que l'église Saint-Eusèbe prendra un jour le nom de son fondateur, saint Albin 2 .
quels fondements repose cette opinion ; si c'est parce qu'ils voient, avec Kôlbing, dans la Vit a. la source de la chanson française, telle que nous l'avons, cette vue est assurément erronée.
1. C'est ce que prouvent la précision topographique du récit et la richesse des renseignements que donne l'auteur sur les origines de ces églises.
2. Ces indications sont répétées, avec plus ou moins de détails et de modifications, par plusieurs chroniqueurs italiens, Jacques d'Acqui par exemple (fin du xin siècle) : « Les corps d'Ami et d' Amile furent portés à grand deuil dans l'église Saint- Albin hors Mortara, et déposés chacun dans un tombeau. Les deux monuments étaient un peu éloignés l'un de l'autre ; maintenant, comme tous l'affirment (ut ab omnibus continue asseritur), les deux sépultures ont changé de place sans le secours de la main des hommes par miracle de Dieu, et dans l'église de Saint- Albin le monument de saint Ami touche le monument de saint Amile » [Chronicon ymaginis mundi, dans les Mon. historiae patriae, SS., t. III, col. 1492).
Cette double tombe de Mortara, les chansons de geste du xu c et du xiii° siècle la connaissent :
Ami et Amile [ :
15 A Mortiers gisent, que de fi le set on...
3496 Iluec transsirent, c'est veritez prouvée. Li pèlerin qui vont par mi Testree, Cil sevent bien ou Ior tombe est posée.
(nrart de Blaye 2 :
Amillez et Amis, ce dis! l'auctorités, Furent bon compaignôn, loiaus et esprouvés, Et tant que il sont saint et cors sains eslevés ; En Lombardie sont... 3
Jourdain de Blaye :
A Mortiers gisent, es plains de Lombardie.
La Chevalerie Ogier '* :
Charlemagne, ayant trouvé les corps des deux compagnons, dit à ses hommes :
1. Ed. G. Hofrmnn (1882;. Je néglige plusieurs textes dérivés plus ou moins directement des chansons de gesle françaises, comme le poème angio- normand dW /ni et A mil un [Amis and Amiloun, hgg. von E. Kôlbing, 188i, p. 187) :
Lor corps gisent en Lombardie U Dcu fait pur eus granz vertuz, Evegles veeret parler mutz.