‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation de chansons de gesteChapitre 58 sur 161 · Éd. Barrois, t. 11(1842), p. 2'i · texte numérisé non relu

Éd. Barrois, t. 11(1842), p. 2'i

MORTARA ET PAV1E 175

5935 « Prendés ces contes, franc chevalier nobile. Dusc'a Mortiers ne vos atargiés mie, Ses enterrés el non sainte Marie. »

Et il respondent : « Con vos plaira, biaus sire. » D'iluec s'en tornent, od els grant compaignie, Le grant chemin et la voie bastie; Au mostier vinrent a une aube esclarie.

Canter ont fait hautement le servise.

Tôt premerain ont enfoy Ami le; En sus de lui conte Ami enfoïrent Près d'un arpent, restore le devise; Mais teus vertus i fist Deus noslre sire Que tôt ensanlle assanlerent et revinrent.

Enfin, la plus ancienne version que nous ayons de lu légende d'Ami et cT Amile est contenue, comme on sait, dans une épître en distiques latins { où sont célébrés tour à tour les amis célèbres, Damon et Pythias, Nisus et Euryale, etc. Elle est l'œuvre de Raoul le Tourtier (Badulfus Tortarius), moine de Fleury-sur- Loire, et elle date de la fin du xi c siècle 2 . Raoul le Tourtier connaît déjà le miracle de la réunion des tombes et le place à Mortara près Verceil. « Personne, dit-il, pas même la Mort, n'a pu séparer Ami et Amile et rompre leur amitié :

19 « Ex illo valuit quam tempore solvere nemo Nec mors, namque locus continet unuseos.

Est prope Vercellis fundus Mortaria dictus, Horum famosos qui cumulât tumulos. »

1. Publiée par E. de Certain, Archives des Missions, t. V (1855), p. 119-123. La partie de cette Epistola qui concerne Ami et Amile a été publiée par C. Hofmann, ouvr. cité, p. xxiv.

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