‹ Les légendes épiques; recherches sur la formation de chansons de gesteChapitre 79 sur 161 · Éd. de Halle, p · texte numérisé non relu

Éd. de Halle, p

214 LES CHANSONS DE GESTE ET LES ROUTES D'iTALIE

son autel vint se poser tout allumé sur la vielle du ménestrel.

Ces légendes, qui toutes sont françaises, semblent toutes dérivées de la légende du Jongleur de Lucques ; et celle-ci à son tour, comme M. W. Foerster la très bien montré, est d'origine française : parce que les textes les plus anciens qui la conservent sont provençaux ou français; — parce que la plus ancienne version italienne qu'on en ait fait du vielleur de Lucques un Français l ; — et parce que d'ailleurs il n'y avait guère en Toscane, au xu e siècle, d'autres jongleurs que des Français.

Cette légende française, il semble au premier abord qu elle ait pu être imaginée dans une province quelconque de la France : certes, il faut que son inventeur ait su que le saint Vou, contrairement à l'usage des Christs en croix , portait des souliers ; mais il a pu l'apprendre sans y être allé voir, et partout ailleurs qu'à Lucques 2 .

Voici pourtant un trait qui nous ramènera vers Lucques et vers la via Francigena pour y chercher le point de formation de la légende.

Le héros du récit est à l'ordinaire un ménestrel qui n'est pas nommé ; mais, selon deux textes, c'est saint Genès. Dans un chansonnier provençal, une chanson pieuse est attribuée à Geneys, lo joglar a cuy lo Voutz de Lucas donet lo sotlar 3 . Dans le prologue 4 d'un

i . Voy. Fôrster, p. 53 (Juvenis quidam de partibus Galliae) ; cf. p. 57.

2. 11 y avait d'ailleurs en France plusieurs crucifix faits à l'instar du Santo Volto (voy. Fôrster, p. 24 ss., p. 49 N .

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